dimanche 26 février 2017

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Une vie entre deux océans


Auteur : M.L Stedman
Editions : Stock et Le livre de poche 


Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant.
Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler « l’incident » et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…
Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du cœur et du sang.
Paru le 9 octobre 2013 chez Stock
        le 1 octobre 2014 chez le livre de poche


Mon avis :

J'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre puissant.... Rarement un livre m'aura autant bringuebalé le cœur entre ses pages...

Le livre commence par l'arrivée sur une plage d'une barque avec à son bord le cadavre d'un homme et un nouveau-né.
Puis on revient en arrière pour nous raconter l'histoire de Tom, le gardien du phare qui découvre cette barque. On nous raconte son enfance difficile, sa rencontre avec Izza.

Tom est un personnage exceptionnel, droit, rescapé de l'enfer de la guerre. Il aime noter tous les jours dans un recueil le moindre des événements de sa journée. Cela l'aide à s'ancrer dans la réalité à se sentir vivre et à maintenir sa vie droite.
Homme solitaire, quasiment mutique, secret, empli de douleurs et de silence. Il est animé d'un sens du devoir exacerbé du à une éducation extrêmement stricte.

Izza quant à elle, est une jeune fille passionnée, entière qui va lui tendre la main et le choisir, lui qui ne s'autorise même pas de rêver.Cette jeune femme est son miracle personnel, il est tout brisé, éteint et elle est vibrante, passionnée, rêve d'une vie pleine d'enfants...Tom se réveille la nuit pour contempler cette magnifique femme, cadeau de la vie.
Elle sera à la fois sa planche de salut et celle qui va le perdre.

Parfois, quand il se réveille à côté d'Isabel, il lui arrive d'être surpris, et soulagé, qu'elle ne soit pas morte. Il guette avec soin sa respiration, juste pour être sûr. Puis, il pose la main sur le dos de sa femme et fait siens la douceur de sa peau, les légers mouvements de son corps endormi. C'est le plus grand miracle auquel il lui ait été donné d'assister.
Il y a un cadre très particulier à cette histoire, une île battue par les vents où ils vivent totalement coupés du monde, en vase clos avec ce phare, lumière dans la nuit, symbole du sauvetage dans la tempête.

Tous les deux, installés sur leur île, vivent des premiers temps idylliques puis le destin va les rattraper et la douleur arrive, la vraie, celle qui ravage les âmes. Izza va souffrir dans sa chair de femmes et tous ses espoirs vont être anéantis. Tom sera à ses côtés jours après jours, acceptant le sort comme inéluctable, ayant connu déjà le pire.

Izza va le pousser à prendre des décisions lourdes de conséquences. Repoussant sa conscience, il va accéder à ses désirs, il l'aime tant et il veut tellement la rendre heureuse....
Tant que la famille reste sur son île à l'abri du monde, c'est le bonheur, Izza le savoure.
Mais le monde extérieur les rattrape et tout va exploser
La culpabilité va tout ronger. 

J'ai eu beaucoup d'empathie aussi pour Izzy, en tant que femme et mère, on ne peut pas rester indifférente à ce qu'elle vit, c'est impossible. En lisant les lignes les plus dures, j'ai eu l'impression de ressentir ses souffrances. On comprend ses décisions bien sûr... Je n'ai pas eu l'envie de la condamner, et ce à aucun moment...

Mais Tom.... quel homme exceptionnel, il est capable de s'oublier lui-même par amour pour elle... son amour est infini !
Il oublie son devoir, sa conscience, il est prêt à se sacrifier pour elle. J'ai tellement aimé son personnage, sa droiture, son honnêteté, sa profonde humanité, et ses doutes qui le déchirent....

Parallèlement, il y a Hannah et Franz, et aussi Bill et Violette dont les douleurs sont muettes.
Ce sont des morceaux de vie, d'amours et de douleurs déchirantes.
Des personnages secondaires attachants, Blue, Ralph....

Alors assurément, ce n'est pas une romance, mais c'est l'histoire d'un amour fou, total, absolu, tant de désespoirs et de passions, de renoncement, de sacrifices....c'est l'histoire d'un homme magnifique rongé de culpabilité dont je suis tombée éperdument amoureuse...


Ma notation : 4,9/5

lundi 20 février 2017

Si seulement... la vie s'apprenait dans les romans d'amour


Auteur : Kristan Higgins
Editions : HarperCollins




Si seulement... brosse le portrait parallèle de deux sœurs, à un tournant de leur existence. L’une, célibataire désabusée après une rupture, quitte New York pour retourner dans la ville de son enfance. L’autre, qui croyait vivre un mariage parfait, découvre qu’il est construit sur un mensonge.
Un portrait juste et sincère, plein d’un humour parfois acerbe et de désillusions désamorcées par le rire : car la vie, la vraie, ne s’apprend pas dans les romans d’amour...
Paru le 5 octobre 2016





Mon avis :

Lorsqu'un Kristan Higgins sort, c'est fête à la maison, je me précipite toujours dessus parce que c'est promesse de lecture rythmée d'éclats de rire, de sourires, de soupirs.... c'est promesse de légèreté et plaisir... c'est l'assurance de retrouver l'héroïne dans des situations rocambolesques !

Mais cette fois-ci, je n'ai absolument pas retrouvé cette légèreté et cet humour dans le propos.
Attention j'ai beaucoup aimé ma lecture, j'y ai retrouvé la légèreté de la plume, cette façon de raconter des histoires avec beaucoup de délicatesse, mais j'ai été beaucoup plus émue qu'amusée ...

On suit deux sœurs en alternance, un chapitre sur deux, chacune raconte à la première personne son histoire difficile.
Jenny sort d'un divorce douloureux mais elle a gardé des contacts étroits avec son ex-époux et sa nouvelle femme parfaite qu'elle adorerait détester....  elle compose constamment pour paraître détachée mais souffre d'une solitude terrible. Elle revient dans la petite ville de son enfance : nouveau logement, nouvelle boutique...
Rachel vit la vie d'une femme d'intérieur accomplie auprès d'un mari qu'elle vénère et trois craquantes petites filles (des triplées !) qui ne lui laissent que peu de temps pour elle.

Toutes deux restent très proches et font front face à une mère envahissante et terriblement négative, d'un égoïsme forcené.

Lorsque Rachel voit son bonheur exploser littéralement, Jenny rencontre son nouveau gérant Léo, un homme déstabilisant, drôle et touchant, et son chien (évidemment ! ) et c'est une jolie histoire l'air de rien qui se joue entre ces deux là, une histoire qui avance à tout petits pas... les échanges sont savoureux mais restent toujours sous-tendus de tristesse.... les blessures de chacun sont là tapies en eux et les brident dans leurs relations aux autres...

La psychologie des personnages est une fois de plus très fouillée, il y a foison d'émotions qui sont décrites avec un grand réalisme, et si j'ai aimé suivre Jenny et son long cheminement pour accepter de ne plus composer avec chacun, d'être juste elle-même, j'ai assisté à l'effondrement de l'univers de Rachel avec une vraie empathie. C'est tellement émouvant de la voir se débattre avec son immense chagrin, ses doutes, ses questionnements sur les décisions à prendre.... j'ai eu bien souvent le cœur serré...  Sa bouée de sauvetage : les enfants, leur odeur, leur innocence.... un essentiel ...

C'est une bien jolie histoire écrite avec beaucoup de finesse qui ne fait pas la part belle aux hommes...Le constat sur les couples est rude, il en ressort bien peu de bonheur : adultère, deuil.... aucun n'est épargné, ni dans le passé, ni dans le présent, pas même l'insupportable couple parfait qui placarde sa béatitude....pas si complète finalement.
Si le bonheur existe bien, il n'est qu'éphémère.... c'est une vision bien pessimiste de l'amour mais on en vient malgré tout à espérer pour Jenny et Léo, pour Kimber et Jared... et on trouve un petit sursaut d'optimisme en fin de roman :
"J'ai toujours pensé que je finirais par trouver la clé du bonheur parfait, comme je pensais que Rachel l'avait trouvée, et qu'alors chaque jour de ma vie serait précieux, simple et bien ordonné. Mais, la vie, ce n'est pas ça. Il y a quelques moments éclatants de perfection comme celui-ci, et puis il y a le quotidien qui les relie l'un à l'autre en un chemin scintillant qui, même au plus profond de la nuit, montre la direction à suivre."
J'ai littéralement dévoré cette histoire avec beaucoup de plaisir à défaut de rires, je me suis attachée à ces deux sœurs si bien esquissées,  j'ai été assaillie par une multitudes d'émotions, j'ai détesté Adam, je suis tombée sous le charme ravageur de Léo et j'ai tourné la dernière page avec un petit pincement au cœur !
Vivement le prochain Kristan Higgins !

Ma notation : 4,5/5

jeudi 16 février 2017

Les enfants de la résistance - Tome 1 : Premières actions






Auteurs : Benoît Ers et Vincent Dugomier
Editions : Le lombard




Dans un petit village de France occupé par l'armée allemande, trois enfants refusent de se soumettre à l'ennemi. Mais comment s'opposer à un si puissant adversaire quand on n'a que treize ans?
Paru le 7 mai 2015





Mon avis :

Une bande dessinée très réussie, j'ai beaucoup aimé !

François et Eusèbe, deux jeunes garçons vivent dans un petit village pendant la seconde guerre mondiale.
François est fils de paysans et son père a déjà vécu la grande guerre de laquelle il est revenu mutilé.
Eusèbe est le fils de l'instituteur, il est beaucoup plus posé et réfléchi que son copain, tête brûlé, impulsif et emporté.
A ce duo de copains vient s'adjoindre Lisa, petite réfugiée Belge de langue allemande oubliée sur la route de l'exode vers la zone libre. Elle va loger chez François.
Très vite, ces trois là deviennent inséparables.

L'album se présente sous la forme d'un journal tenu par François, il raconte tous les événements qui se succèdent : la déclaration de guerre, l'arrivée des Allemands, l'organisation de la vie quotidienne sous l'occupation, la difficile rencontre avec Lisa. Il raconte aussi comment tous trois décident de mener quelques actions contre l'occupant sans vraiment prendre toute la mesure de la gravité de leurs actes, des conséquences possibles.... C'est captivant de les suivre dans leurs aventures et leurs découvertes, de les voir se mettre en danger avec l'insouciante de l'enfance...

Le regard du jeune garçon est perspicace et sans concession sur la réalité quotidienne, sur les efforts allemands pour gagner les populations, sur les mentalités.... mais il est aussi troublé par la complexité des choses, tout le monde n'est pas si facilement condamnable, manichéen...
C'est remarquablement rendu en voyant les opinions des français évoluer au rythme de l'accrochage/décrochage des portraits de Pétain, ce héros de la guerre précédente qui restera longtemps un homme admiré et respecté même par des gens biens... 
Tué pour avoir imprimé des tracts
- Il est mort pour la France !
- Oui c'est terrible!....
Mais je pense aussi qu'il faut laisser une chance au Maréchal Pétain.
Il fera au mieux pour gérer le pays avec les nazis.... Faisons lui confiance !
- Vous n'avez peut-être pas tort.
Si le père du narrateur le décroche assez rapidement, son oncle tant admiré va au contraire l'exposer dans son salon... Les clivages arrivent dans les familles, conséquence des frustrations de chacun ( ici sont en cause la réalité paysanne, l'héritage dans les familles, les rancœurs qui mènent à l'acceptation de l’inacceptable)

C'est une bande dessinée réaliste qui aborde un peu tous les thèmes de l'époque : l'exode, l'invasion, les petits sabotages, la résistance.... à travers les yeux d'un jeune adolescent exalté qui refuse de se soumettre...
C'est l'apprentissage des douleurs de la vie, la prise de conscience auprès d'un père éclairé....
" Tu sais, François, il y a des moments dans la vie où il faut savoir désobéir."
J'ai beaucoup aimé les dessins réalistes avec une foison de détails, les vignettes qui s'étalent sur les bords de page, les couleurs un peu sépia... Ils nous immergent totalement dans l'époque, les atmosphères sont travaillées et parfaitement rendues.
Une mention spéciale pour la superbe couverture, j'adore ! Et aussi pour le dossier très clair et très intéressant en fin d'album sur les événements de l'époque, un plus très apprécié ! 

Une excellente bande dessinée, réaliste, documentée, passionnante et surtout extrêmement bien construite. Le regard d'un enfant rebelle sur la réalité qui l'entoure, l'engagement un peu inconscient de trois gamins et une piqûre de rappel de ces sombres heures...

Ma notation : 4,7/5

mercredi 15 février 2017

Dark Romance


Auteur : Pénéloppe Douglas
Editions : Harlequin



Leur amour peut les sauver... ou les détruire.
Michael Crist. Un nom qui fait frissonner chaque fille de notre petite communauté privilégiée de la côte Est. Moi comme les autres. Sauf que moi, ce n est pas sa beauté à couper le souffle ou le fait qu il soit riche et adulé qui me fascine enfin, pas seulement. Non, moi, c est la noirceur que je devine sous sa carapace dorée. La violence dans son regard noisette. Son mépris pour les règles, les lois, la morale. Ce miroir permanent de tout ce qui est noir et sombre au fond de moi. En dix-neuf ans, Michael ne m a jamais jeté un regard. Mais, le jour où il s intéresse à moi, je ne sais pas si je dois être excitée... ou terrifiée.
Paru le 8 février 2017


Mon avis :

J'ai détesté..... tout..... les personnages, l'intrigue (enfin ce qui tient lieu d'intrigue!),  les valeurs véhiculées...... j'ai vraiment tout détesté !

Les personnages
Une bande de quatre gars qui se croient absolument tout permis et que l'argent de papa couvre à quasi tous les coups......

On leur attribuait incendies, cambriolages, vandalisme et destruction de biens, même s’il n’y avait jamais de preuves contre eux, puisque leurs visages étaient recouverts d’un masque.
Mais, nous, nous le savions. Et même si les flics le savaient certainement aussi, quand vous étiez né avec le bon nom de famille, que vous aviez des contacts et de l’argent, vous vous en sortiez toujours indemne.

Ils écument la ville, brûlent, cassent.... et comme ce sont des gars biens, ben ils filment en plus lorsqu'ils couchent avec une fille ou tabassent des gens, parce que c'est trop trop bien de pouvoir revoir ça après hein ! 
Le must, ils enfilent des masques pour ....... ben on ne sait pas pourquoi , parce que tout le monde sait que c'est eux.... bref c'est d'un ridicule patenté...
Dans le présent ils n'ont pas grandi d'un chouïa, se lamentent sur leur sort, se posent en victime (oui oui les pauvres ! on a osé les emprisonner, ces tendres agneaux innocents !) et ne pensent qu'à se venger....

Elle, stupide qui accepte tous les compromis, et même qu'on la traite comme un objet, se laisse manipuler et elle pardonne tout en un claquement de doigts, elle en redemande même..... 

L'intrigue :
Alors on se demande ce qu'a bien pu faire cette pauvre fille pour mériter autant de haine, on imagine un truc énorme, et pschitttttt au moment de la révélation c'est tellement dérisoire que je n'ai pas pu m'empêcher de ricaner.... tout ça pour ça !
Et bien sûr, personne n'a pensé à lui parler, à l'accuser en face, à lui demander pourquoi....

Et ce n'est pas tout, il y a aussi le combat entre frères avec en apothéose la scène du bateau.... un scénario de série z complètement cliché, c'est sans surprise et d'un ennui .....
La fin cousue de fils blancs et des parents à peine éplorés par les événements, on a quand même eu droit à une larmichette... ça valait seulement ça !

Les valeurs :
C'est ce qui m'a le plus gênée en fait, cette dédramatisation de la violence, à vouloir cautionner en les faisant passer pour des justiciers (si si, des justiciers qui se filment en train de coucher avec des mineurs....) , sans compter la façon de traiter les femmes (il y a même du Rohypnol qu'ils ont l'intention d'utiliser...), ce sont pour eux des objets sexuels le plus souvent qu'on peut même se partager ....
— Vous savez ce que j’en dis ? est intervenu Damon en soufflant un nuage de fumée. Du moment qu’elles sont assez vieilles pour ramper, elles sont dans la bonne position.
C'est pervers tout au long du livre et je n'ai pas trouvé une once de joli sentiment, pas une seule...
Il n'y a que des scènes moches où ils veulent soit faire du mal, soit contrôler l'autre... on a même droit à une scène de porno bien crade qui n'amène rien de plus...

Bref vous l'avez bien compris j'ai détesté ....et j'ai tourné les pages en me disant qu'il allait y avoir un super truc plus loin pour que certains aient autant encensé ce livre, je cherche encore !
Pour moi,  une lecture vraiment nauséabonde !

Ma notation : 0,5/5

mardi 14 février 2017

Serre moi fort


Auteur : Claire Favan
Editions : Pocket


" Serre-moi fort. " Cela pourrait être un appel au secours désespéré. 
Du jeune Nick, d'abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l'incertitude et l'absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l'Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. 
Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l'enquête sur la découverte d'un effroyable charnier dans l'Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d'une rare violence...
Paru le 9 février 2017



Mon avis :

Bon sang ce livre !
Je ne sais pas comment écrire mon avis.... il ne faut surtout rien raconter d'essentiel parce que ce doit rester une surprise pour apprécier ce livre à sa juste valeur...

Ce que je peux dire c'est que si c'est très très bon, c'est aussi très très éprouvant....

On y côtoie Nick dont la sœur vient de disparaître, il nous raconte par le détail la lente déchéance de sa famille. Toute la première partie est son récit et l'on ressent une véritable empathie pour ce petit gars courageux qui tente de s'en sortir, on souffre avec lui, on l'accompagne. On suit la lente enquête sur les traces du tueur l'Origamiste...

Puis vient une petite phrase anodine, quelques mots sur le papier et c'est un véritable tsunami qui vous emporte ... Un coup de maître !

Seconde partie, on fait connaissance avec Adam Gibson, le flic chargé d'une affaire difficile : la découverte de 24 corps momifiés dans une grotte.
J'ai eu un véritable coup de cœur pour lui.
Veuf pétri de culpabilité, c'est un homme solide qui se dépêtre dans ses difficultés avec ses deux enfants adolescents, un homme d'ombres et de lumière. Quel personnage passionnant et attachant ! ♥
Avec ses équipiers, il se lance à corps perdu dans cette enquête rude et délicate.

Et le roman s'accélère, des scènes coups de poing, de la pure violence, de l'action mais pas que.....loin de là!
J'ai lu toute la fin du livre quasiment en apnée... c'est fort et tellement douloureux aussi.
Quelle histoire haletante !
Je n'avais pas envie de le terminer, je ne voulais pas connaître la fin que je sentais venir.... je voulais ralentir mais j'étais aussi aimantée littéralement...

Ce livre va me hanter un bon moment, je le sens !

Une lecture marquante, un livre diaboliquement bien construit, un face à face incroyable.... du grand art ! 

Ma notation : 4,5/5

lundi 13 février 2017

L'amour est une haine comme les autres


Auteurs : Stéphane Louis, Lionel Marty et Vera Daviet
Editions : Grand Angle



Une amitié interdite dans la Louisiane raciste des années 30...

William est un enfant peu doué. À l’inverse, Abelard a des capacités intellectuelles hors normes. Mais il ne peut aller à l’école : les Noirs n’y sont pas acceptés. Entre les deux enfants, un pacte est scellé. Abe aidera William pour ses devoirs, et ce dernier lui trouvera toujours du travail. William gravit ainsi tous les échelons de la société locale, fondant sa propre entreprise dans laquelle Abe, l’homme à tout faire, prend les décisions dans l’ombre. William se décidera-t-il à donner à Abe la place qui lui revient, à placer un « nègre » dans son fauteuil ? Une amitié d’enfant, si forte soit elle, peut-elle survivre à de telles tensions ?
Paru le 1 février 2017


Mon avis :

Une histoire d'amitié improbable qui brave tous les interdits de l'époque...
C'est à la fois beau, subtil, dur, violent, émouvant ...  un mélange remarquable. J'ai adoré cet album tant dans le propos que dans le dessin !

On est en Louisiane dans les années 30, deux enfants se rencontrent, s'entraident et lient une réelle amitié profonde et durable. Mais l'un est noir, l'autre blanc et cette amitié est interdite dans un contexte de violence extrême. Le récit fait un état des lieux sans concession du racisme ordinaire qui mène à tous les indicibles, le ku klux klan sévit en toute impunité, j'ai découvert avec effroi la pratique des picnics...
Le peu de poids de la vie d'un noir et le peu d'intelligence qu'on leur prête sont bien exposés.. j'ai d'ailleurs vraiment aimé que ce soit Abe le plus brillant des deux, un démenti tout en finesse...
La haine brûle dans la famille de chacun, une haine véhémente qui masque même l'amour des mères... le propos est dur et d'un réaliste redoutable.

Malgré la société, malgré des familles haineuses, les deux garçons s'allient : Abe aidera William au quotidien à gérer devoirs, puis entreprise, William gardera toujours un travail pour Abe, le protégera autant qu'il pourra et ce dans le secret bien entendu...

La construction même du récit amène une tension palpable qui enfle page après page... en effet l'album commence sur un épisode particulièrement frappant, puis repart dans le temps pour distiller le récit de cette amitié hors norme, et peu à peu on découvre les moments clés de leur vie .... le doute sur la durée d'une telle amitié que famille, société, femmes réprouvent s'insinue doucement, on suit ce drame latent qui se noue lentement avec émotion, il y a un vrai suspens qui nous tient en haleine....

Les personnages sont denses et psychologiquement bien esquissés, il y a une grande justesse dans les dialogues et les actions, le perspicacité de Abe, la maladresse et le grand cœur de William, la noirceur de Gwendolyne,  le père de William à la fois bon père de famille qui aime son fils mais qui commet des exactions pour lui  tellement normales et anodines .... la frontière entre les sentiments est fragile, amour/haine, ils se mêlent, se confondent, se dénouent... L'amour est une haine comme les autres....

Un dessin au service du scénario, j'ai beaucoup aimé le trait expressif, les visages mouvants, les regards vivants... parfois des vignettes dépouillées d'une sobriété marquant l'essentiel.... et les couleurs de  l'enfance, des îlots de douceur au milieu de toute cette noirceur...

Une bande dessinée très réussie, à la fois intelligente, subtile, palpitante et terriblement émouvante et un formidable message d'espoir en l'humanité....

Ma notation : 4,7/5