mardi 30 août 2016

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Auteur : Antoine Dole
Editions : Sarbacane 



«Papa m'a dit 100 fois comment il fallait que je sois.» Et surtout, «pas pédé». La consigne est claire et quand le héros de ce livre, 13 ans, se fait harceler par les gros bras du collège, impossible d'appeler son père à l'aide. Heureusement qu'il y a Sarah, qui n'a pas peur, elle. Mais la question reste : comment se faire aimer d'un père qui vous rejette pour ce que vous êtes ?
Paru le 12 avril 2012



mon avis :
Un texte très court (je dirais même une nouvelle puisqu'il compte une cinquantaine de pages en gros caractères) mais très dense et particulièrement poignant...

Le narrateur est un jeune adolescent de 13 ans, il vit seul avec son père et raconte dans ce court récit le véritable calvaire qu'il vit à l'école parce qu'il est différent, il raconte le harcèlement quotidien, les coups, les brimades dont il est l'objet, il raconte tout cela avec des mots nus, crus.... 
On le sent enferré dans une solitude abyssale parce qu'il sait que son père qu'il aime avec désespoir, ne comprend pas qu'il ne sache pas riposter, se défendre  ...
"Papa m'a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu'un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire."
"Papa m'a dit 100 fois".... refrain lancinant qui vient rythmer tout le début du texte et qui marque  la difficulté à répondre aux attentes de ce père, à être le fils souhaité. 
Et entre le récit circonstancié des événements, il adresse à ce dernier les mots qu'il ne peut lui dire, les mots qu'il ne sait lui dire, les mots qui l'envahissent, le suffoquent, des cris de détresse particulièrement déchirants...
"Je veux pas apprendre à me battre. J'ai pas envie papa, pourquoi j'ai pas le choix ? [...........] Papa, pourquoi tu me protèges pas ?"
La tension monte, le désespoir enfle...... un texte brutal, violent, sensible, un texte bouleversant .... et une fin magnifique qui m'a mis le cœur au bord des yeux.

Je ne suis pas une grande adepte des nouvelles, mais force est de reconnaître la grande qualité de celle-ci, la maîtrise du texte, des émotions, une nouvelle parfaitement aboutie... un récit qui va certainement me hanter longtemps...

ma notation : 4,7/5



lundi 29 août 2016

La vie est facile, ne t'inquiète pas


Auteur : Agnès Martin-Lugand
Editions : Pocket


Rentrée d'Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de son ami Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C'est là, aux " Gens heureux lisent et boivent du café ", son havre de paix, qu'elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d'être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille. 
Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.
Aura-t-elle le courage d'accepter un autre chemin ?
Paru le 2 juin 2016




mon avis :

Quel plaisir de se replonger dans cette histoire !

On retrouve Diane à Paris, elle a repris les rênes de son café "Les gens heureux..." Félix tente de lui faire rencontrer plusieurs hommes puisqu'elle n'est plus réfractaire à l'idée de refaire sa vie, mais la magie n'opère pas jusqu'à ce qu'elle rencontre Olivier. C'est véritablement un homme adorable, attentionné, compréhensif qui accepte les réserves de Diane avec délicatesse... Près de lui, elle réapprend à vivre en tant que femme....

Mais une rencontre fortuite, une nouvelle bouleversante et Diane ne pourra continuer sur la voie qui semblait toute tracée, elle se retrouve à nouveau en Irlande où de grandes surprises l'attendent, ainsi que des véritables chagrins... elle y fait la connaissance de Declan, personnage particulièrement attachant !  J'ai adoré retrouver ce pays et tous ses habitants. 

Une jolie fin émouvante, une plume fluide, sensible pour une belle histoire de reconstruction et de deuxième chance, et si l'on a le cœur gros pour certains des héros, ce sont des récits de vie tout simplement avec ses aléas, ses cruautés et aussi ses petits et grands bonheurs...

ma notation : 4,25/5

Les gens heureux lisent et boivent du café


Auteur : Agnès Martin-Lugand
Editions : Le livre de poche


" Ils étaient partis en chahutant. J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux.

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. Afin d'échapper à son entourage qui l'enjoint à reprendre pied, elle décide de s'exiler en Irlande, seule. 
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper...
Paru le 5 juin 2014



mon avis :

Voilà un livre que j'ai pris beaucoup de plaisir même si la fin m'a laissé un petit goût amer.... mais heureusement ce n'est pas une fin en soi puisqu'un tome 2 est dores et déjà sorti !

J'ai beaucoup aimé le ton de la narration, cette jeune femme qui a vécu  un véritable drame raconte sans pathos excessif mais crûment son deuil et sa difficulté à se relever.... 
Depuis la mort de son mari et de sa fille, Diane ne vit plus et seul son ami Felix parvient encore à l'obliger à se lever, à sortir.... C'est son associé dans son petit bar bibliothèque "Les gens heureux lisent et boivent du café". Qu'est ce que j'ai aimé ce personnage excentrique mais si sûr et prévenant ! Depuis l'accident, elle lui a totalement laissé les rênes de l'affaire dont elle se désintéresse ... Tout la ramène à la mémoire de ses disparus et sur un coup de tête, elle décide de fuir souvenirs et sollicitations de son entourage, elle s'envole pour l'Irlande, une destination que son défunt mari souhaitait connaître un jour.

Elle se retrouve dans un petit coin perdu, au bord de l'océan, accueilli par un couple d'Irlandais pure souche qui l'accueillent les bras ouverts.
J'ai adoré la description de ce pays, l'ambiance du pub, les paysages de bord de plage... toute une atmosphère particulière se dégage de ces chapitres et m'a donnée l'envie de sauter dans le premier avion en partance pour ce pays...

Elle s'installe dans une petite maison isolée avec pour seul voisin, un homme farouche, sauvage, agressif, au caractère rugueux, détestant les gens et qui ne voit pas d'un bon œil sa tranquillité troublée par l'arrivée de la jeune femme ... Ils s'affrontent, se jaugent, apprennent à se supporter tout juste, se viennent en aide, s'apprivoisent....
Quel personnage énigmatique et attachant que cet Edward ! Il est à la fois exaspérant et émouvant.... tellement solitaire...

Des personnages secondaires savoureux, une famille tellement chaleureuse, tous entourent Diane de sollicitude et l'aident peu à peu à reprendre pied, à réapprendre à vivre.... Il y a de très belles lignes vraiment sur cette affection bon enfant pendant des soirées au pub, sur la beauté sauvage de la plage battue par les vents qui l'aide à se sentir de plus en plus vivante.
Son cheminement intérieur est très joliment raconté, cette chaleur humaine qui l'enveloppe et l'envahit progressivement, elle réapprend à s'attacher tout doucement...

J'ai beaucoup moins aimé la fin du roman, l'arrivée de Meghan, (un vrai cliché de femme fatale), le triangle amoureux, les hésitations, les décisions prises que j'ai eues du mal à comprendre....
Je me précipite sur le tome 2 afin de ne pas rester sur cette impression de déconvenue après avoir savourer avec tant de plaisir tout le début du récit !

ma notation : 4,25/5

Agatha Raisin enquête - La quiche fatale


Auteur : M. C. Beaton
Editions : Albin Michel


Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.

Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !
Paru le 1 juin 2016


mon avis

Premier tome d'une série que j'espère bien longue, ce livre a été une lecture fort agréable.

Agatha Raisin a 53 ans et un début de vie particulièrement difficile lui a forgé un caractère de fer... Elle a rêvé sa retraite au cœur d'un village retiré et lorsqu'elle vend sa société de relations publiques, c'est tout naturellement qu'elle se hâte d'acheter un petit cottage charmant. Une fois installée, la réalité est bien moins agréable que prévu...
Citadine, elle ne connait pas les codes d'une vie de village et si elle ne se sent pas rejetée, elle n'est pas vraiment acceptée non plus... elle ne s'est jamais sentie aussi seule ! 
Ce n'est pas l'endroit idyllique qu'elle s'était inventé et quand elle tente un retour vers Londres pour se ressourcer, elle s'aperçoit que là aussi, elle n'a plus sa place, tout a évolué sans elle.

En femme forte, elle décide donc de prendre en main son devenir et de s'implanter pour de bon dans ce  village.... Pour ce faire, elle est déterminée à tout et se montre rouée, tenace...elle déterre la hache de guerre avec sa voisine, triche, ment, soudoie sans aucun scrupule ! Elle soumet une quiche achetée chez un traiteur Londonien pour le concours de cuisine du village, bien décidée à l'emporter coûte que coûte.
Quel personnage truculent... à la fois exaspérante mais si attachante, bien loin des héroïnes classiques !

Ce livre est évidemment une enquête, il s'agit bien d'un roman policier, mais il est mitonné d'humour, d'ironie, de sarcasmes et c'est avec le sourire qu'on tourne les pages.
Agathe Raisin, lorsque sa quiche fait une victime, se voit dans l'obligation de retrouver ce qui s'est réellement passé....
Elle va fouiller, questionner à tout va, s'érigeant en détective au grand dam du policier du coin Bill Wong, un homme patient et perspicace qui ressent une forte sympathie pour cette amatrice agaçante mais si intéressante...
On ne s'ennuie pas un instant à suivre toutes ses tribulations même si l'intrigue policière n'est pas des plus élaborée, c'est enlevé, drôle, plein de surprises et de révélations.... le petit village paisible cache nombre de malversations et l'auteur nous dresse un portrait extrêmement incisif des villageois ....

Un premier roman réjouissant qui plante un décor et présente de nombreux personnages qu'on devrait retrouver dans les tomes suivants et gagner en épaisseur, et l'arrivée d'un voisin plus que séduisant, James Lacey, promet des aventures encore plus amusantes dans les tomes suivants que je vais me procurer sans faute !  J'ai bon espoir de trouver par la suite des enquêtes un peu plus denses et abouties....

ma notation : 3,9/5

The air he breathes


Auteur : Brittainy C Cherry
Editions : Hugo New Romance

Tristan et Elizabeth sont voisins, ils n'ont rien en commun à part leur passé douloureux. Elle a choisi de continuer à vivre ne serait-ce que pour sa petite fille Emma. Il a choisi de s'extraire du monde. Mais Elizabeth ne l'entend pas de cette façon. Elle sait qu'ils sont tous les deux en miettes et qu'ensemble ils seront plus forts pour affronter leurs fantômes.

C'est sans compter avec toutes les embûches que les habitants de leur petite ville vont mettre sur leur route.

Ensemble, ils sauront vaincre les idées reçues.
Paru le 7 juillet 2016




mon avis :

Mon avis sera très court parce que je suis ressortie très mitigée de ma lecture et que je ne vais pas m'étendre sur les choix de l'histoire .....

D'une part j'ai vraiment beaucoup aimé les personnages, des personnages denses, touchants, j'ai totalement craqué pour Tristan tellement émouvant (ses larmes pour son chien m'ont terrassée...), j'ai adoré la force de caractère d'Elizabeth et j'ai fondu pour la petite Emma si délicieuse et son irrésistible "Thon" qui m'a fait pouffer à chaque fois !  
La plume est belle, délicate, il y a des moments extrêmement beaux, des passages sur le deuil et l'absence, des moments de grâce suspendue entre les deux personnages. Il y a vraiment de très belles lignes dans ce livre...

Mais j'ai détesté, mais vraiment détesté, la façon dont chacun se sert de l'autre pour gérer son deuil.... Inconcevable pour moi qu'une relation qui commence sous ces auspices puisse évoluer vers quelque chose de sain et de beau... Comment ensuite effacer ces premiers pas pour ne plus voir que la personne en face ? J'ai ressenti un vrai malaise en lisant ces passages et ça m'a terriblement gênée....
J'ai également trouvé que les rebondissements et découvertes de fin de livre n'étaient pas nécessaires et ajoutaient un surplus de drame dont je me serais bien passée... Pourquoi vouloir absolument lier le passé et le présent, les ficelles sont un peu grosses quand même et les coïncidences me semblent beaucoup trop exagérées...

Cependant, malgré mes grosses réserves, je ne regrette pas de l'avoir lu,  les personnages sont tellement beaux et le style m'a vraiment séduite, des ingrédients essentiels qui font que je lirai avec grand plaisir un autre livre de l'auteur...

ma notation : 3/5


La cicatrice



Auteur : Erin E. Keller
Editions : Juno Publishing



Quand l'aspect physique disparaît au bénéfice de l'âme...
Ryan a une cicatrice sur le visage qui lui fait croire qu’il a perdu tout attrait.
Mais, il y a des gens qui ne s'arrêtent pas à l'apparence. Il y a des personnes qui réussissent à voir la beauté en chacun. Il y a des personnes qui aiment faire sourire les gens. Il y a des personnes comme Sean, qui ne se laissent pas décourager par l’aspect extérieur et la cage dans laquelle s’est enfermé Ryan.
Paru le 21 mai 2016




mon avis

Un joli petit roman qui traite de l'image de soi et son rapport aux autres.


Ryan est affublé d'une longue cicatrice sur le visage, séquelle d'un accident. Depuis lors, son caractère a changé, il se cache derrière cette cicatrice, ne s'autorise plus aucune vie, ne se définit plus que par elle.
Sa liaison s'effiloche et il est persuadé (à juste titre semble t-il) que son ami ne veut plus le regarder comme avant ...

Ryan s'est donc renfermé sur lui-même. Lorsqu'il se présente dans une bibliothèque pour son premier jour de travail, il rencontre Sean qui travaille dans un salon de tatouage dans la même rue. Si l'attirance est immédiate et réciproque, Ryan ne va pas le laisser approcher facilement... il est taciturne, bougon, abrupt, désagréable, à la limite de la grossièreté parfois... il ne peut concevoir que quelqu'un s'intéresse à lui avec cette cicatrice qui lui mange le visage. Face à lui, Sean est son exact contraire, solaire, souriant, ouvert, chaleureux... et il fait montre d'une patience infinie, d'une compréhension incroyable...
Il a un regard sincère, sans arrière-pensée et restera solide et sûr de lui face à un Ryan irrésolu et difficile.

J'ai aimé que ce soit Ryan qui raconte l'histoire, il est sans concession envers lui-même, lucide sur ses erreurs qu'il relate sans faux semblants mais englué dans une spirale dont il n'arrive pas à s'extirper... J'ai trouvé très intéressant cette introspection, voir tous ses questionnements et la façon dont il se perçoit vraiment.
Je veux ajouter quelque chose, parce que je me sens comme un connard, mais tous mes mots restent obstinément coincés dans ma gorge. Le pauvre homme essaie seulement d’être gentil, et il ne sait pas que c’est vraiment dur pour moi rien que d’essayer d’être détendu.
C'est entre ses mains que tout est déposé, il se trouve confronter à des choix essentiels qu'il ne peut prendre que seul. Et j'ai trouvé très judicieux qu'à un moment donné il apprenne à ne plus regarder que son nombril et se tourne vers Sean pour voir que sous ce naturel heureux se cachent aussi des blessures...

Un livre vite lu, avec des personnages intéressants, des personnages secondaires sympathiques (la copine  exubérante de Ryan et l'associé de Sean). La question de l'estime de soi, des complexes et des rapports à l'autre est plutôt bien traitée, on suit un Ryan englué dans ses certitudes et sa souffrance et c'est un rude combat qu'il mène pour surmonter ses démons et accepter de voir ce qui est essentiel, aidé en cela par la bienveillance d'un Sean irréprochable.

Un tout petit bémol, quelques phrases maladroites parfois dues certainement à la traduction, mais j'ai lu tellement pire depuis qu'il me parait presque parfait maintenant ....

ma notation : 4/5