mardi 30 août 2016

A copier 100 fois




Auteur : Antoine Dole
Editions : Sarbacane 



«Papa m'a dit 100 fois comment il fallait que je sois.» Et surtout, «pas pédé». La consigne est claire et quand le héros de ce livre, 13 ans, se fait harceler par les gros bras du collège, impossible d'appeler son père à l'aide. Heureusement qu'il y a Sarah, qui n'a pas peur, elle. Mais la question reste : comment se faire aimer d'un père qui vous rejette pour ce que vous êtes ?
Paru le 12 avril 2012



mon avis :
Un texte très court (je dirais même une nouvelle puisqu'il compte une cinquantaine de pages en gros caractères) mais très dense et particulièrement poignant...

Le narrateur est un jeune adolescent de 13 ans, il vit seul avec son père et raconte dans ce court récit le véritable calvaire qu'il vit à l'école parce qu'il est différent, il raconte le harcèlement quotidien, les coups, les brimades dont il est l'objet, il raconte tout cela avec des mots nus, crus.... 
On le sent enferré dans une solitude abyssale parce qu'il sait que son père qu'il aime avec désespoir, ne comprend pas qu'il ne sache pas riposter, se défendre  ...
"Papa m'a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu'un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire."
"Papa m'a dit 100 fois".... refrain lancinant qui vient rythmer tout le début du texte et qui marque  la difficulté à répondre aux attentes de ce père, à être le fils souhaité. 
Et entre le récit circonstancié des événements, il adresse à ce dernier les mots qu'il ne peut lui dire, les mots qu'il ne sait lui dire, les mots qui l'envahissent, le suffoquent, des cris de détresse particulièrement déchirants...
"Je veux pas apprendre à me battre. J'ai pas envie papa, pourquoi j'ai pas le choix ? [...........] Papa, pourquoi tu me protèges pas ?"
La tension monte, le désespoir enfle...... un texte brutal, violent, sensible, un texte bouleversant .... et une fin magnifique qui m'a mis le cœur au bord des yeux.

Je ne suis pas une grande adepte des nouvelles, mais force est de reconnaître la grande qualité de celle-ci, la maîtrise du texte, des émotions, une nouvelle parfaitement aboutie... un récit qui va certainement me hanter longtemps...

ma notation : 4,7/5



lundi 29 août 2016

La vie est facile, ne t'inquiète pas


Auteur : Agnès Martin-Lugand
Editions : Pocket


Rentrée d'Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de son ami Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C'est là, aux " Gens heureux lisent et boivent du café ", son havre de paix, qu'elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d'être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille. 
Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.
Aura-t-elle le courage d'accepter un autre chemin ?
Paru le 2 juin 2016




mon avis :

Quel plaisir de se replonger dans cette histoire !

On retrouve Diane à Paris, elle a repris les rênes de son café "Les gens heureux..." Félix tente de lui faire rencontrer plusieurs hommes puisqu'elle n'est plus réfractaire à l'idée de refaire sa vie, mais la magie n'opère pas jusqu'à ce qu'elle rencontre Olivier. C'est véritablement un homme adorable, attentionné, compréhensif qui accepte les réserves de Diane avec délicatesse... Près de lui, elle réapprend à vivre en tant que femme....

Mais une rencontre fortuite, une nouvelle bouleversante et Diane ne pourra continuer sur la voie qui semblait toute tracée, elle se retrouve à nouveau en Irlande où de grandes surprises l'attendent, ainsi que des véritables chagrins... elle y fait la connaissance de Declan, personnage particulièrement attachant !  J'ai adoré retrouver ce pays et tous ses habitants. 

Une jolie fin émouvante, une plume fluide, sensible pour une belle histoire de reconstruction et de deuxième chance, et si l'on a le cœur gros pour certains des héros, ce sont des récits de vie tout simplement avec ses aléas, ses cruautés et aussi ses petits et grands bonheurs...

ma notation : 4,25/5

Les gens heureux lisent et boivent du café


Auteur : Agnès Martin-Lugand
Editions : Le livre de poche


" Ils étaient partis en chahutant. J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux.

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. Afin d'échapper à son entourage qui l'enjoint à reprendre pied, elle décide de s'exiler en Irlande, seule. 
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper...
Paru le 5 juin 2014



mon avis :

Voilà un livre que j'ai pris beaucoup de plaisir même si la fin m'a laissé un petit goût amer.... mais heureusement ce n'est pas une fin en soi puisqu'un tome 2 est dores et déjà sorti !

J'ai beaucoup aimé le ton de la narration, cette jeune femme qui a vécu  un véritable drame raconte sans pathos excessif mais crûment son deuil et sa difficulté à se relever.... 
Depuis la mort de son mari et de sa fille, Diane ne vit plus et seul son ami Felix parvient encore à l'obliger à se lever, à sortir.... C'est son associé dans son petit bar bibliothèque "Les gens heureux lisent et boivent du café". Qu'est ce que j'ai aimé ce personnage excentrique mais si sûr et prévenant ! Depuis l'accident, elle lui a totalement laissé les rênes de l'affaire dont elle se désintéresse ... Tout la ramène à la mémoire de ses disparus et sur un coup de tête, elle décide de fuir souvenirs et sollicitations de son entourage, elle s'envole pour l'Irlande, une destination que son défunt mari souhaitait connaître un jour.

Elle se retrouve dans un petit coin perdu, au bord de l'océan, accueilli par un couple d'Irlandais pure souche qui l'accueillent les bras ouverts.
J'ai adoré la description de ce pays, l'ambiance du pub, les paysages de bord de plage... toute une atmosphère particulière se dégage de ces chapitres et m'a donnée l'envie de sauter dans le premier avion en partance pour ce pays...

Elle s'installe dans une petite maison isolée avec pour seul voisin, un homme farouche, sauvage, agressif, au caractère rugueux, détestant les gens et qui ne voit pas d'un bon œil sa tranquillité troublée par l'arrivée de la jeune femme ... Ils s'affrontent, se jaugent, apprennent à se supporter tout juste, se viennent en aide, s'apprivoisent....
Quel personnage énigmatique et attachant que cet Edward ! Il est à la fois exaspérant et émouvant.... tellement solitaire...

Des personnages secondaires savoureux, une famille tellement chaleureuse, tous entourent Diane de sollicitude et l'aident peu à peu à reprendre pied, à réapprendre à vivre.... Il y a de très belles lignes vraiment sur cette affection bon enfant pendant des soirées au pub, sur la beauté sauvage de la plage battue par les vents qui l'aide à se sentir de plus en plus vivante.
Son cheminement intérieur est très joliment raconté, cette chaleur humaine qui l'enveloppe et l'envahit progressivement, elle réapprend à s'attacher tout doucement...

J'ai beaucoup moins aimé la fin du roman, l'arrivée de Meghan, (un vrai cliché de femme fatale), le triangle amoureux, les hésitations, les décisions prises que j'ai eues du mal à comprendre....
Je me précipite sur le tome 2 afin de ne pas rester sur cette impression de déconvenue après avoir savouré avec tant de plaisir tout le début du récit !

ma notation : 4,25/5

Agatha Raisin enquête - La quiche fatale


Auteur : M. C. Beaton
Editions : Albin Michel


Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.

Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !
Paru le 1 juin 2016


mon avis

Premier tome d'une série que j'espère bien longue, ce livre a été une lecture fort agréable.

Agatha Raisin a 53 ans et un début de vie particulièrement difficile lui a forgé un caractère de fer... Elle a rêvé sa retraite au cœur d'un village retiré et lorsqu'elle vend sa société de relations publiques, c'est tout naturellement qu'elle se hâte d'acheter un petit cottage charmant. Une fois installée, la réalité est bien moins agréable que prévu...
Citadine, elle ne connait pas les codes d'une vie de village et si elle ne se sent pas rejetée, elle n'est pas vraiment acceptée non plus... elle ne s'est jamais sentie aussi seule ! 
Ce n'est pas l'endroit idyllique qu'elle s'était inventé et quand elle tente un retour vers Londres pour se ressourcer, elle s'aperçoit que là aussi, elle n'a plus sa place, tout a évolué sans elle.

En femme forte, elle décide donc de prendre en main son devenir et de s'implanter pour de bon dans ce  village.... Pour ce faire, elle est déterminée à tout et se montre rouée, tenace...elle déterre la hache de guerre avec sa voisine, triche, ment, soudoie sans aucun scrupule ! Elle soumet une quiche achetée chez un traiteur Londonien pour le concours de cuisine du village, bien décidée à l'emporter coûte que coûte.
Quel personnage truculent... à la fois exaspérante mais si attachante, bien loin des héroïnes classiques !

Ce livre est évidemment une enquête, il s'agit bien d'un roman policier, mais il est mitonné d'humour, d'ironie, de sarcasmes et c'est avec le sourire qu'on tourne les pages.
Agathe Raisin, lorsque sa quiche fait une victime, se voit dans l'obligation de retrouver ce qui s'est réellement passé....
Elle va fouiller, questionner à tout va, s'érigeant en détective au grand dam du policier du coin Bill Wong, un homme patient et perspicace qui ressent une forte sympathie pour cette amatrice agaçante mais si intéressante...
On ne s'ennuie pas un instant à suivre toutes ses tribulations même si l'intrigue policière n'est pas des plus élaborée, c'est enlevé, drôle, plein de surprises et de révélations.... le petit village paisible cache nombre de malversations et l'auteur nous dresse un portrait extrêmement incisif des villageois ....

Un premier roman réjouissant qui plante un décor et présente de nombreux personnages qu'on devrait retrouver dans les tomes suivants et gagner en épaisseur, et l'arrivée d'un voisin plus que séduisant, James Lacey, promet des aventures encore plus amusantes dans les tomes suivants que je vais me procurer sans faute !  J'ai bon espoir de trouver par la suite des enquêtes un peu plus denses et abouties....

ma notation : 3,9/5

The air he breathes


Auteur : Brittainy C Cherry
Editions : Hugo New Romance

Tristan et Elizabeth sont voisins, ils n'ont rien en commun à part leur passé douloureux. Elle a choisi de continuer à vivre ne serait-ce que pour sa petite fille Emma. Il a choisi de s'extraire du monde. Mais Elizabeth ne l'entend pas de cette façon. Elle sait qu'ils sont tous les deux en miettes et qu'ensemble ils seront plus forts pour affronter leurs fantômes.

C'est sans compter avec toutes les embûches que les habitants de leur petite ville vont mettre sur leur route.

Ensemble, ils sauront vaincre les idées reçues.
Paru le 7 juillet 2016




mon avis :

Mon avis sera très court parce que je suis ressortie très mitigée de ma lecture et que je ne vais pas m'étendre sur les choix de l'histoire .....

D'une part j'ai vraiment beaucoup aimé les personnages, des personnages denses, touchants, j'ai totalement craqué pour Tristan tellement émouvant (ses larmes pour son chien m'ont terrassée...), j'ai adoré la force de caractère d'Elizabeth et j'ai fondu pour la petite Emma si délicieuse et son irrésistible "Thon" qui m'a fait pouffer à chaque fois !  
La plume est belle, délicate, il y a des moments extrêmement beaux, des passages sur le deuil et l'absence, des moments de grâce suspendue entre les deux personnages. Il y a vraiment de très belles lignes dans ce livre...

Mais j'ai détesté, mais vraiment détesté, la façon dont chacun se sert de l'autre pour gérer son deuil.... Inconcevable pour moi qu'une relation qui commence sous ces auspices puisse évoluer vers quelque chose de sain et de beau... Comment ensuite effacer ces premiers pas pour ne plus voir que la personne en face ? J'ai ressenti un vrai malaise en lisant ces passages et ça m'a terriblement gênée....
J'ai également trouvé que les rebondissements et découvertes de fin de livre n'étaient pas nécessaires et ajoutaient un surplus de drame dont je me serais bien passée... Pourquoi vouloir absolument lier le passé et le présent, les ficelles sont un peu grosses quand même et les coïncidences me semblent beaucoup trop exagérées...

Cependant, malgré mes grosses réserves, je ne regrette pas de l'avoir lu,  les personnages sont tellement beaux et le style m'a vraiment séduite, des ingrédients essentiels qui font que je lirai avec grand plaisir un autre livre de l'auteur...

ma notation : 3/5


La cicatrice



Auteur : Erin E. Keller
Editions : Juno Publishing



Quand l'aspect physique disparaît au bénéfice de l'âme...
Ryan a une cicatrice sur le visage qui lui fait croire qu’il a perdu tout attrait.
Mais, il y a des gens qui ne s'arrêtent pas à l'apparence. Il y a des personnes qui réussissent à voir la beauté en chacun. Il y a des personnes qui aiment faire sourire les gens. Il y a des personnes comme Sean, qui ne se laissent pas décourager par l’aspect extérieur et la cage dans laquelle s’est enfermé Ryan.
Paru le 21 mai 2016




mon avis

Un joli petit roman qui traite de l'image de soi et son rapport aux autres.


Ryan est affublé d'une longue cicatrice sur le visage, séquelle d'un accident. Depuis lors, son caractère a changé, il se cache derrière cette cicatrice, ne s'autorise plus aucune vie, ne se définit plus que par elle.
Sa liaison s'effiloche et il est persuadé (à juste titre semble t-il) que son ami ne veut plus le regarder comme avant ...

Ryan s'est donc renfermé sur lui-même. Lorsqu'il se présente dans une bibliothèque pour son premier jour de travail, il rencontre Sean qui travaille dans un salon de tatouage dans la même rue. Si l'attirance est immédiate et réciproque, Ryan ne va pas le laisser approcher facilement... il est taciturne, bougon, abrupt, désagréable, à la limite de la grossièreté parfois... il ne peut concevoir que quelqu'un s'intéresse à lui avec cette cicatrice qui lui mange le visage. Face à lui, Sean est son exact contraire, solaire, souriant, ouvert, chaleureux... et il fait montre d'une patience infinie, d'une compréhension incroyable...
Il a un regard sincère, sans arrière-pensée et restera solide et sûr de lui face à un Ryan irrésolu et difficile.

J'ai aimé que ce soit Ryan qui raconte l'histoire, il est sans concession envers lui-même, lucide sur ses erreurs qu'il relate sans faux semblants mais englué dans une spirale dont il n'arrive pas à s'extirper... J'ai trouvé très intéressant cette introspection, voir tous ses questionnements et la façon dont il se perçoit vraiment.
Je veux ajouter quelque chose, parce que je me sens comme un connard, mais tous mes mots restent obstinément coincés dans ma gorge. Le pauvre homme essaie seulement d’être gentil, et il ne sait pas que c’est vraiment dur pour moi rien que d’essayer d’être détendu.
C'est entre ses mains que tout est déposé, il se trouve confronter à des choix essentiels qu'il ne peut prendre que seul. Et j'ai trouvé très judicieux qu'à un moment donné il apprenne à ne plus regarder que son nombril et se tourne vers Sean pour voir que sous ce naturel heureux se cachent aussi des blessures...

Un livre vite lu, avec des personnages intéressants, des personnages secondaires sympathiques (la copine  exubérante de Ryan et l'associé de Sean). La question de l'estime de soi, des complexes et des rapports à l'autre est plutôt bien traitée, on suit un Ryan englué dans ses certitudes et sa souffrance et c'est un rude combat qu'il mène pour surmonter ses démons et accepter de voir ce qui est essentiel, aidé en cela par la bienveillance d'un Sean irréprochable.

Un tout petit bémol, quelques phrases maladroites parfois dues certainement à la traduction, mais j'ai lu tellement pire depuis qu'il me parait presque parfait maintenant ....

ma notation : 4/5




dimanche 21 août 2016

Nous avons toujours vécu au château


Auteur ; Shirley Jackson
Editions : Rivages



« Je m'appelle Mary Katherine Blackwood. J'ai dix-huit ans, et je vis avec ma sœur, Constance. J'ai souvent pensé qu'avec un peu de chance, j'aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l'index est aussi long que le majeur, mais j'ai dû me contenter de ce que j'avais. Je n'aime pas me laver, je n'aime pas les chiens, et je n'aime pas le bruit. J'aime bien ma sœur Constance, et Richard Plantagenêt, et l'amanite phalloïde, le champignon qu'on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés. »
Paru le 19 septembre 2012




mon avis :

Quel livre étrange, tout à la fois captivant et mystérieux mais qui me laisse au final très perplexe...

Mary, surnommée Merrycat, a 18 ans et nous raconte une histoire bien insolite, celle de sa famille qu'un drame a décimée quelques années auparavant...
Elle vit dorénavant avec sa sœur Constance qui ne sort jamais de la maison et qui passe son temps entre son jardin et sa cuisine et son oncle Julian, vieil homme impotent qui semble radoter et perdre un peu la tête dans une grande demeure à l'écart de tous, trois personnes barricadées loin d'un village que l'on découvre véritablement hostile et malveillant... 

Peu à peu Mary se révèle à nous, énigmatique jeune fille habitée par des croyances très fantasques. Si elle est la seule à sortir pour faire quelques courses, elle dresse une sorte de rempart ésotérique entre sa famille et les autres : mots magiques, objets enterrés, plusieurs rituels étranges qu'elle est la seule à comprendre.... Mary vit dans un monde bien à elle et semble avoir tout juste un comportement d'une gamine de 12 ans que toutes les habitudes de la famille confortent...

L'atmosphère du livre est particulière, étouffante... on sent le drame présent autour d'eux, il semble que la vie se soit figée à ce jour fatidique d'il y a six ans : chaque objet est resté à sa place et l'oncle Julian rabâche constamment les événements survenus, distillant avec parcimonie des indices qui peu à peu comblent la curiosité du lecteur... Chaque jour une tâche bien définie, chaque jour un geste et toujours cette étrange relation d'amour entre les deux sœurs qui se protègent l'une l'autre...


Lorsqu'un cousin arrive et s'installe dans cette famille dévastée, il chamboule tous les remparts sécuritaires élevés autour d'elle et c'est une véritable guerre qui est déclarée entre lui et Mary...
La haine s'insinue, rampante, explosive et peu à peu les événements se précipitent vers un drame prévisible et inévitable...


Un livre puissant qui nous amène aux limites de la folie, une atmosphère pesante rythmée par la comptine qui revient lancinante page après page 

"Merrycat, dit Connie, veux-tu une tasse de thé ?
Oh, non, fit Merricat, tu vas m'empoisonner.
Merrycat, dit Connie, voudrais-tu fermer l'oeil ?
Dans un trou au cimetière, au fond d'un vieux cercueil!"

Le lecteur  pense au départ que Mary est la plus saine de la famille, mais peu à peu il découvre son imagination débridée, ses failles, sa paranoïa et ses pulsions de mort qui reviennent sans cesse ! C'est à la fois captivant et effarant et il devient difficile de démêler la part de réalité, de folie dans le récit ! 
Qui est véritablement mort ? Tout n'est-il qu'un rêve ? Que s'est-il réellement passé ? L'histoire est-elle un prolongement au delà de la mort ? La maison est-elle hantée ?

Si l'on a de vraies réponses, il n'en reste pas moins que la fin du livre peut être interprétée de diverses façons et je reste perplexe sans savoir vraiment quel sens je préfère lui donner... j'aurais véritablement aimé une lecture commune pour pouvoir en débattre avec d'autres lecteurs...

Un livre sombre, complexe, d'une grande subtilité, extrêmement bien écrit, des personnages troubles à la psychologie dense, un voyage morbide qui nous mène au bord de la folie, un belle histoire d'amour absolu entre deux sœurs, ce livre est tout cela et plus encore....

ma notation : 4,5/5

Le chant des Runes - Tome 1 : La première peau



Auteurs : Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupard 
Editions : Glénat


Ces créatures qui venaient du froid...

Eva Sundström est inspectrice à la police criminelle de Stockholm. 34 ans, brillante et athlétique, célibataire endurcie née dans la capitale suédoise, Eva ne jure que par son métier dans lequel elle a fait plus que ses preuves. Josef Worg, archéologue de 50 ans, est spécialisé dans la civilisation vikinget la mythologie scandinave. Cet homme bourru marqué par les épreuves de la vie vient du nord de la Suède, ces contrées reculées où les esprits et la magie font encore partie du quotidien… Eva et Josef : deux personnages que tout oppose. Et qui vont devoir malgré tout travailler ensemble, lorsqu’une série de meurtres semble impliquer des créatures que l’on croyait appartenir aux légendes…

Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupard lancent un thriller surnaturel et glaçant mettant en scène un duo d’enquêteurs aussi charismatiques qu’antinomiques. Un True Detective du froid dans la lignée des meilleurs polars scandinaves... Cette première enquête est prévue en deux tomes.
Paru le 13 janvier 2016

mon avis :

Une très bonne entrée en matière que ce premier tome ! 

Stockholm, Anna Thorovist, jeune chanteuse populaire, disparaît peu avant de monter sur scène pour répéter avec son groupe à la veille de l'émission Popmaster.
Dans sa loge vide, de mystérieuses runes vikings sont inscrites sur les murs  avec du sang laissant penser que le pire est arrivé.
Peu de temps après, sa concurrente directe, la jeune chanteuse Krystal disparaît à son tour et là aussi des runes de sang sont retrouvées sur les murs. Une étrange odeur de plomb flotte sur les deux scènes...

Les pistes sont maigres et le commissaire Thalin confie l'enquête à Eva Sundström, une jeune inspectrice au caractère bien trempé. Jeune femme indépendante et rationnelle, celle-ci cherche désespérément le moindre indice aidée par sa coéquipière Thérèse. Tout laisse à penser que ces disparitions sont l'oeuvre d'un serial killer...
Les runes énigmatiques sont les seules indications exploitables, il faut avant tout les traduire pour tenter de comprendre. Elles se tournent donc vers Josef Wörg, éminent spécialiste, homme taciturne ... mais celui-ci va leur servir une étrange histoire teintée de magie et de légendes scandinaves, de Trolls et de rites... 
La jeune inspectrice rationnelle ne sourcille pas et botte en touche...

Une enquête nordique (quelques beaux paysages enneigés) au demeurant très classique qui prend très vite des résonances ésotériques mêlant le mystère au suspens. La tension monte tout au long de l'album servie par un très beau dessin réaliste aux couleurs sombres qui donne des atmosphères lourdes et pesantes. 
Quelques planches plus violentes laissent entrevoir une enquête longue et éprouvante... 

Un premier tome très réussi, efficace et captivant, des personnages charismatiques et une enquête classique au scénario bien construit qui doucement glisse vers une toute autre dimension....ce mélange de polar  et de légendes me séduit vraiment, j'aime le fort contraste entre Eva rationnelle et l'étrange Josef.  C'est une première mise en place de l'histoire et leur future collaboration est pleine de promesses... Je vais attendre la suite avec grande impatience ! 

ma notation : 4,25/5

dimanche 14 août 2016

A Foreign Feeling





Auteur : Kyoko
Editions : DreamCatcher




L’été est là, apportant son lot de changements dans la vie, ses évolutions, qu’elles soient positives ou non. Cet été-là, la vie d’Alex sera bouleversée par la venue d’une famille de correspondants américains dans sa maison...
Paru le 9 juillet 2016 en numérique





mon avis

Une jolie nouvelle à la première personne qui raconte un moment clé de la vie d'un jeune homme de 17 ans extrêmement touchant.
Alex est un garçon d'une incroyable maladresse qui tombe, renverse, casse à tout va, il mène une vie plutôt simple dans sa famille qui le protège et auprès d'Anna sa petite amie avec qui il ne s'épanouit pas vraiment, il a beaucoup de mal à s'engager ...

Une famille américaine vient s'installer chez lui pour y passer l'été en touriste, et Alex rencontre les trois fils très différents les uns des autres.
Très vite, il se rapproche d'un des garçons et j'ai trouvé la narration très jolie : Keith se montre très attentif et prévenant envers Alex, il se précipite continuellement à son secours et s'inquiète pour lui.
Ensemble, ils vont parcourir Paris, faire de belles sorties, de belles découvertes, leurs sentiments évoluent...

C'est très intéressant de voir comment Alex ressent ses premiers émois, son attirance et son désir. Son meilleur ami gay lui sert de confident et lui permet de se rassurer. Il y a de jolis moments de naïveté !
On assiste à ses doutes, ses recherches, ses questions... le début de la relation, le premier baiser... c'est passionné mais ils prennent leur temps.

Si Alex accepte assez facilement l'idée de son homosexualité, il redoute terriblement la réaction de ses parents ...

Cette petite nouvelle raconte aussi comment une famille peut réagir devant la découverte de l'homosexualité d'un enfant.
Je suis restée un peu frustrée sur toute cette partie de l'histoire, j'aurais aimé un peu plus de développement, je pense que la question de l'acceptation dans les familles de Keith et d'Alex aurait pu être approfondie. Il y avait matière à ...

Une fin très rapide, trop rapide....trop de raccourcis pour moi. Je pense que le format "nouvelle" est vraiment un format qui me frustre... et je trouve que cette histoire avait un réel potentiel pour se décliner sous forme de roman.

Une nouvelle très agréable à lire (un jolie plume sensible) , avec de vrais jolis moments ... mais pas assez aboutie pour me combler totalement. Mais je lirai avec grand plaisir d'autres écrits de l'auteur !

Merci aux éditions DreamCatcher pour ce service presse !

ma notation : 3,5/5

samedi 13 août 2016

Les ingrédients du bonheur




Auteur : S.M Gerhard
Editions : DreamCatcher


À la veille de mes trente ans, ma famille se désole du bilan bien triste qu’est ma vie : noceur invétéré, seul et désabusé. Pourtant dans cette noirceur un ange gardien veille sur moi et fait en sorte que cela change. Et si la recette du bonheur se tenait finalement sous mes yeux ? Mais n’est-il pas trop tard pour m’essayer à un autre mode de vie ?
Paru le 25 juillet 2016 en numérique






mon avis : (avis rectifié pour enlever les spoilers - voir commentaires ci-dessous)

Un texte à la première personne qui s'articule en deux temps : le 24 décembre 2013, puis le 31 octobre 2014, quasiment une année balayée en une trentaine de pages.

Je ressors très mitigée de ma lecture, si l'idée de départ est vraiment bonne j'ai trouvé que tout restait très superficiel et un peu convenu...

Soen est à la veille de ses 30 ans et il découvre un courrier de son père décédé depuis deux ans. C'est une belle idée que cette communication au delà de la mort. Mais si la lettre est  parfois touchante, elle remue quelques vieux poncifs aussi.... le "Moi, à ton âge, j’avais mon restaurant, ta mère enceinte à mes bras.." claque comme un modèle à suivre, un passage obligé pour trouver le bonheur.... Il en est de même pour le parti pris de la recette, c'est très original sur la forme, le lexique de la recette de cuisine est vraiment amusant mais sans surprise sur le fonds... C'est une liste que l'on connait tous déjà... Je n'y ai trouvé aucune profondeur.

Presque un an plus tard, Soen fait le point sur tout ce qui a changé dans sa vie depuis ce courrier qui a agi comme un électrochoc ...
Là encore, je trouve que le récit de sa rencontre est trop rapide, vite survolé, c'est un peu frustrant parce que je trouve l'idée jolie et j'aurais aimé en savoir plus, il y a trop de raccourcis pour que je sois un tant soit peu touchée.

Il est question d'une seconde lettre mais hélas tout aussi stéréotypée dans ses propos, je n'y ai rien trouvé de surprenant...

Une belle idée de départ, des situations qui auraient pu être intéressantes, un lexique original en théorie, mais beaucoup trop de clichés et tout est survolé trop rapidement pour m'avoir emportée.

Il s'agit certainement d'un ressenti tout personnel, je pense que le format "nouvelle" est un format qui ne me convient pas, et je suis certaine que beaucoup de lecteurs y trouveront leur bonheur.

Un grand merci aux éditions DreamCatcher pour ce service presse.

ma notation : 2,8/5

lundi 8 août 2016

Erased Tome 2


Auteur : Kei Sanbe
Editions : Ki-oon


Intriguée par ce qui semble être une tentative de kidnapping, la mère de Satoru commence à se poser des questions sur la série de meurtres qui a secoué Hokkaidô 18 ans plus tôt. Et si la justice ne tenait pas le vrai coupable ? Mais celui-ci l’a reconnue : avant qu’elle ait pu mener l’enquête, elle est assassinée à coups de poignard.
Satoru, arrivé sur les lieux juste après le drame, se retrouve alors propulsé à l’époque de son enfance, quelques jours avant la disparition tragique d’une de ses camarades de classe ! Désormais convaincu que les meurtres sont liés, il va tout faire pour changer le cours des choses…
Paru le 28 août 2014



mon avis :

Dans ce second tome, Satoru, après le drame terrible qui vient de le frapper se propulse par un effort de volonté  une fois de plus dans le passé, mais cette fois-ci il est envoyé non pas quelques minutes avant mais l'année de ses dix ans...
Il semble que le drame survenu à la fin du tome 1 soit directement lié avec la série d'enlèvements et de meurtres de cette époque.. 
J'ai beaucoup aimé ce tome pourtant très différent du premier. La narration est beaucoup plus linéaire, moins de "rediffusions", de surprises, mais plus de sentiments et d'émotions. 

Satoru se retrouve à revivre ses années d'enfance avec sa conscience d'adulte et le regard qu'il porte sur sa vie d'alors est terriblement touchant. Il redécouvre une mère aimante et proche, ses sacrifices du quotidien, les moments de partage, les petits instants tout simples de bonheur, . Il prend conscience de ce qu'il ne voyait pas à l'époque, mesure ce qu'il a oublié et perdu en chemin...
J'aime beaucoup cette introspection, ce perpétuel questionnement de Satoru.

Il tente de se rapprocher de Kayo, cette fillette sauvage et solitaire, en butte aux moqueries des autres et qu'il sait être la première à avoir disparu. Satoru va prendre sa défense et l'apprivoiser petit à petit. Il découvre ses terribles conditions de vie et décide coûte que coûte d'être le grain de sable qui va enrayer la roue du destin et modifier le cours des événements passés.

C'est très joli de voir la relation s'établir entre eux, de voir Kayo baisser ses défenses et lui laisser voir l'étendue de son désespoir ... Elle commence à s'ouvrir et lui faire confiance, il y a tant de petits gestes touchants, une main saisie, une paire de gants offerte, un sourire, un regard et l'attendrissant "t'es bête ou quoi ?" 
Un vrai lien d'amitié se crée entre eux et Satoru devient un "protecteur" de tous les instants parce que comme nous le rappelle fort bien l'auteur, il a peu de temps pour renverser la situation, la date fatidique de la disparition de Kayo approche à grands pas. Il s'agit avant tout de la sauver, mais aussi de réhabiliter son ami Jun, dont la douceur et la gentillesse lui reviennent en plein cœur et qui croupit en prison depuis tout ce temps

Il tente vraiment de ne pas reproduire les mêmes erreurs que par le passé, mais Satoru constate que si effectivement il parvient à modifier quelques événements, cela ne suffit pas à bouleverser réellement l'enchaînement des faits et que malgré tous ses efforts, le destin semble se moquer de lui et trouver le moyen de continuer son avancée inexorablement.... 

Autour d'eux gravitent quelques personnages assez énigmatiques, Kenya cet élève qui semble prendre à cœur la relation entre Satoru et Kayo, ainsi que ce singulier professeur qui connait la vérité à propos des problèmes de la fillette, alerte mais reste cependant impuissant...

Une fin aussi prenante que pour le tome 1, une fin pleine de suspens qui donne envie de se précipiter immédiatement sur la suite. Décidément, cette série est une belle découverte ! 

ma notation : 4/5

dimanche 7 août 2016

La vie est un arc-en-ciel


Auteur : Cecelia Ahern
Editions : J'ai Lu 

Sur les bancs de l'école, Rosie et Alex s'étaient juré de ne jamais se séparer. Leur existence bascule pourtant le jour où le jeune garçon déménage avec ses parents aux États-Unis. Cet éloignement forcé sera le premier d'une longue série d'imprévus, comme seule la vie sait en réserver, et les deux " amis " devront apprendre à y faire face. Au fil de leur correspondance, les non-dits et les rendez-vous manqués se devinent... Serait-il possible qu'au plus profond d'eux-mêmes, Rosie et Alex pensent toujours à leur vieux serment ? Mais si parler d'amour est une chose, trouver le moment opportun, dans une vie qui les dépasse, en est une autre... Un roman pertinent et tendre, où les aléas de la vie et les devoirs qu'elle impose sont, comme souvent, autant d'obstacles pour (re)connaître l'amour !
Paru le 21 février 2007



mon avis :

Un livre vraiment très original,  aucune narration (si ce n'est à la toute fin pour les dernières pages), que des petits mots échangés, mails, sms, lettres qui accompagnent et racontent toute une vie....
Une amitié hors du commun dès l'enfance et une succession d'épreuves, de vérités inexprimées, de quiproquos.... une vie pleine de chagrins, d'amour, de complicité et de silence aussi....
Du gâchis, beaucoup de gâchis,.... trop de gâchis, on suit toute cette histoire incroyable le cœur serré tant les rendez-vous manqués nous piquent les yeux....

Attention, il ne faut pas s'y tromper, si on a le cœur serré à maintes reprises devant la cruauté du destin, ce n'est pas un livre larmoyant, ni morose, loin de là ! C'est un livre drôle, vivant, plein de peps, un livre où l'on rit, on s'attendrit, on trépigne, on tape du pied...
Tout un tas de personnages secondaires haut en couleurs (Ruby, Kevin....), attachants (Katie, Phil, Stéphanie...) , détestables (Sally, Bethanie la cochonne...... la palme à Machin qui fait preuve d'une muflerie hors catégorie....) interagissent et cela toujours par le biais de ces mots, sms et autres, révélant devant le lecteur tous les aspects de cette magnifique histoire d'amour... 

Parce que de l'amour il y en a entre Rosie et Alex, mais quand on est ami, il est parfois difficile de mettre un autre mot sur les sentiments qui nous animent.... alors on se laisse envahir par une pudeur malvenue, on se ment à soi-même, à l'autre, à tous les autres, on continue de jouer ce rôle de merveilleux meilleur ami et la vie continue de s'écouler sans attendre .... Il y a aussi beaucoup de réaliste dans la façon de décrire cette vie, le destin est implacable, il joue avec les gens : un avion raté.... un soir de bal arrosé et la vie bascule vers un autre chemin...
C'est parfois (souvent !) très cruel, mais toujours traité sur un ton léger, drôle, sarcastique et on oscille constamment entre le rire et les larmes...

Je l'ai lu en devenant de plus en plus déconcertée devant le tour que prend leur vie, j'avais parfois envie de crier sur Rosie, parfois envie de secouer Alex ... Il y a tellement de déconvenues, de loupés, des choix qui m'ont heurtée.... mais toujours ce lien indéfectible entre eux perdure au delà des années et des aléas... Il y a aussi dans ces pages tout le thème des projets, des rêves et de la façon de se réaliser dans la vie.... Alex trace son chemin vers la réussite alors que Rosie doit abandonner tant de ses espoirs en chemin.... Elle m'a beaucoup touchée Rosie !

Le point fort du roman tient aussi dans tout le panel d'émotions qui arrivent jusqu'au lecteur dans le format épistolaire, on trouve des lettres hilarantes, notamment celles des enfants qui parfois font preuve d'une étonnante perspicacité, des lettres d'amour sous-tendu mais non-dit qui vous font grincer des dents, des lettres fortes et magnifiques sur les parents, le deuil, l'absence, les lettres d'Alex qui m'ont chamboulée le cœur ...

Le livre se termine sur une promesse de bonheur, mais j'avoue que j'aurais eu besoin de lire quelques pages de plus, besoin de les voir heureux plus tangiblement....
J'ai le cœur gros alors qu'il n'y a aucun pathos, rien de triste et que tout finit bien, c'est à n'y rien comprendre.... Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que tout arrive bien tard, de penser à toutes ces années perdues, de penser SPOILER qu'ils ne pourront jamais avoir d'enfants en communs.... 
La question qui me taraude est de savoir s'il est encore temps d'être heureux quand on a perdu tant de temps et qu'il est des choses qu'on ne pourra plus jamais vivre à deux ? 

Un livre vraiment très original et beaucoup plus profond qu'il n'y parait, il y est question d'amitié, de destin, de silence et d'amour, de beaucoup d'amour... un livre plein d'humour, de légèreté pour parler de choses graves, un livre marquant assurément !

ma notation : 4,25/5

mardi 2 août 2016

India place


Auteur : Samantha Young
Editions : J'ai lu


Etudiante, Hannah fait la rencontre de Marco, un Américain d'origine italienne, venu s'installer pour d'obscures raisons à Edimbourg. Petit à petit, ils se lient d'une profonde amitié qui, chez la jeune fille, évolue bientôt vers une passion qu'elle garde secrète. Est-ce fou d'envisager une quelconque relation amoureuse avec Marco ou bien a-t-elle des raisons d'y croire ? Quand enfin elle ose lui avouer ses sentiments, il se trouble, puis la fuit. Cinq ans plus tard, lors d'un mariage, ils se croisent de nouveau. Qui sait, les désirs de Hannah deviendront peut-être réalité...
Paru le 6 juillet 2016





mon avis :

Quel bonheur de retrouver tous les personnages des tomes précédants, de voir ce que sont devenus chaque couple, de faire connaissance avec leurs enfants. J'aime tout particulièrement cette série....  

J'attendais l'histoire d'Hannah, la petite sœur "dévoreuse de livres" depuis si longtemps !
Les années ont passé, la petite Hannah est devenue une belle jeune femme, professeur de lettres et mène une vie bien rangée auprès de sa famille et ses amis...

Marco que l'on avait entraperçu brièvement, lui a littéralement brisé le cœur quelques années auparavant et elle ne s'en est jamais tout à fait remise...Depuis lors, elle n'a plus jamais laissé quiconque s'approcher trop près !
Lorsqu'elle le croise au hasard du mariage d'une de ses amies, elle est totalement chamboulée.... des sentiments violents la submergent et si Marco va à partir de ce moment là tout faire pour la reconquérir, elle reste camper sur une position de défense et de repli...


Tout un jeu de flash-back nous dévoile petit à petit ce qui s'est réellement passé entre eux 5 ans auparavant, de quelle façon Marco l'a traitée... la solitude infinie d'Hannah...

Si j'ai ressenti une immense empathie pour elle (en même temps, c'est elle qui raconte toute l'histoire à la première personne ce qui la rend tellement plus proche), j'ai eu beaucoup plus de mal avec Marco...
Premièrement, j'ai trouvé les raisons de ses agissements extrêmement légères.... je ne suis absolument pas convaincue par ses explications...
Deuxièmement, le fait qu'il n'ai rien entrepris pour la retrouver et que tout n'est que le fruit du hasard m'a laissée un peu dubitative sur la profondeur de ses sentiments...
Alors certes, il est présent, prévenant, patient, prêt à tout... il montre son attachement  et beaucoup de remords mais il est des choses qui ne se pardonnent pas et il en a plusieurs à son actif !

De plus, leurs retrouvailles sont entachées de non-dits et de secrets des deux côtés... pour se préserver, pour préserver l'autre et lorsque les vérités sont révélées, c'est terriblement cruel, pour Marco parce qu'il mesure à quel point il est coupable, mais surtout pour Hannah.... elle est tellement émouvante dans sa souffrance ... 

Tant de solitude, la violence de l'abandon, la douleur physique et morale...


SPOILER
Toute la douleur m'était retombée dessus d'un seul coup.
Même si cela n'avait rien de rationnel, je la sentais. Je la sentais me consumer de l'intérieur.
La pire expérience de ma vie, et il n'avait pas été clà pour moi.
En revanche, il avait été là pour Leah.
Je savais que je n'aurais jamais dû le laisser revenir dans ma vie.
Je ne pourrais jamais lui pardonner ça.
Ce passage trouve tant de résonance en moi.... 
Peut-on effacer cette blessure là ? 

J'ai vraiment compris toutes ses hésitations, le temps dont elle a besoin et je trouve que Marco a beaucoup de chance qu'elle ait réussi à lui pardonner... vraiment ...

Une belle histoire d'amour, de pardon, de rédemption... des passages plein de tendresse, d'émotions, d'autres plus durs, abruptes, mais une jolie fin tout en délicatesse, une fin qui permet enfin d'effacer les blessures du passé.

Une mention spéciale pour deux personnages secondaires : Jarrod, ce petit ado rebelle au grand cœur qui m'a fait fondre à plus d'une reprise et surtout un Cole formidable, un ami prévenant, présent, j'ai adoré ce qu'il est devenu et j'ai vraiment hâte de lire son histoire !

ma notation : 4,5/5



Erased - Tome 1


Auteur : Kei Sanbe
Editions : Ki-oon

2006. Aspirant mangaka dont la carrière peine à décoller, Satoru Fujinuma travaille comme livreur de pizzas pour joindre les deux bouts. Effacé et peu enclin à s'ouvrir aux autres, il observe le monde qui l'entoure sans vraiment y prendre part. Pourtant, Satoru possède un don exceptionnel : à chaque fois qu'un incident ou une tragédie se déroule près de lui, il est projeté quelques minutes dans le passé pour empêcher l'inévitable avant qu'il ne se produise... 

Cette anomalie de l'espace-temps lui vaut un séjour à l'hôpital le jour où, pour rattraper le conducteur d'un camion fou, il est percuté par un autre véhicule de plein fouet. Après l'accident, petit à petit, les souvenirs effacés de l'enfance traumatisante de Satoru resurgissent...
Réparer les tragédies du passé pour accepter le présent... Découvrez Erased, le thriller temporel de Kei Sanbe !
Paru le 3 juillet 2014

mon avis :

Mon premier manga lu grâce à mon ami Jamie, merci pour cette jolie découverte !
Et merci de m'aider à élargir mes horizons ....

Il m'a fallu tout d'abord un petit temps d'adaptation à la fois pour le sens de lecture (chez moi, l'instit qui apprend aux élèves, depuis des années, que l'on écrit et que l'on lit de gauche à droite a été un peu chamboulée !) mais aussi pour les dessins bien loin de ceux des BD issues de l'école Belge que j'ai l'habitude de lire depuis mon enfance.
Mais finalement, je me suis rapidement plongée dedans parce que l'histoire est vraiment très chouette, il y a plusieurs choses que j'ai vraiment beaucoup aimées !

Le personnage central est un jeune homme solitaire qui rêve de dessiner des mangas et qui se perd dans des petits boulots pour subsister. C'est un solitaire qui a toujours eu du mal à communiquer avec les autres. Il est attachant par sa sensibilité et le regard qu'il porte sur le monde autour de lui. Il se remet beaucoup en question et son introspection le rend très intéressant.

L'histoire m'a tout de suite accrochée avec son côté fantastique, j'aime vraiment beaucoup les histoires de voyage dans le temps, elles me fascinent.... Celle-ci prend une dimension particulière parce que si le héros a effectivement la possibilité de se promener dans le temps, ces rediffusions ne sont absolument pas contrôlées et ne se manifestent que pour des moments de danger imminent dans son environnement... Il ne voyage que sur quelques minutes et doit trouver la source du danger à chaque fois ! C'est vraiment très prenant et intelligemment amené ! On cherche avec lui...

J'ai adoré les flash-back vers son enfance, j'aime toujours ces plongées vers les souvenirs, et là on y sent à la fois de la nostalgie, une tendresse pour le personnage de Yuki qui a été une lumière dans sa vie, on y perçoit l'amour fort qu'il ressent pour sa mère malgré la distance actuelle entre eux...
Il y a plein de jolis petits moments fugaces de grâce qui m'ont touchée.

Et puis il y a le suspens qui petit à petit s'impose au fil des pages au fur et à mesure que les événements du passé se dévoilent, mettant en lumière un drame que Satoru a enfoui au plus profond de sa mémoire qui semble en lien avec le drame qui se joue au présent ...
C'est captivant, on a absolument envie de savoir ce qui s'est réellement passé...

Tout l'enjeu pour Satoru sera d'apprendre à maîtriser ces "rediffusions" pour en faire un atout dans la recherche de la vérité et peut être dans l'espoir de changer le cours des  événements....

Un premier manga qui m'a vraiment beaucoup plu, je vais continuer la série et très certainement élargir mes lectures vers d'autres titres ! 

ma note : 4/5