lundi 4 décembre 2017

Mes dernières plus belles lectures...

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Les dernières plus belles, plus marquantes,
plus émouvantes, plus drôles.....

lundi 27 novembre 2017

Au milieu de nulle part


Auteur : Roan Parrish
Editions : Juno Publishing



Daniel Mulligan est un dur à cuir tatoué à la langue bien pendue, cachant son mal-être derrière le sarcasme. Il ne s’est jamais intégré – que ce soit chez lui à Philadelphie avec son père et ses frères mécaniciens, ou à l’école où ses camarades de classe de la Ivy League le regardaient de haut. Maintenant, Daniel est soulagé d’avoir un emploi dans un petit collège de Holiday, dans le Michigan, mais c’est un garçon de la ville et il est clair que cette petite ville est un autre endroit dans lequel il ne s’intègrera pas.
Rex Vale s’accroche à sa routine pour tenir sa solitude à distance : affûtant son corps musclé, perfectionnant ses recettes, et fabriquant des meubles sur mesure. Rex vit à Holiday depuis des années, mais sa timidité et sa taille imposante l’ont empêché de se lier aux habitants. Lorsque les deux hommes se rencontrent, l’alchimie est explosive, mais Rex craint que Daniel ne soit qu’un autre homme dans une longue lignée de gens qui l’ont quitté, et il a appris que laisser quelqu’un s’approcher de trop près peut être une faiblesse fatale.
Alors qu’ils commencent à briser les murs qui les isolent, Daniel est rappelé chez lui à Philadelphie, où il découvre un secret qui change sa perception des choses.
Paru le 30 juin 2016

Mon avis :

L'atout principal de cette lecture est Daniel, un personnage extrêmement attachant, complexe et plein de contradictions....il ne cesse de surprendre et de toucher.
La vie ne lui a pas fait de cadeau, il a du se battre tout seul, à force de volonté, pour parvenir à se construire, à gravir les échelons, devenir professeur... Son passé est terriblement difficile. Issu d'une fratrie de garçons tous voués à travailler dans le garage paternel, il a persévéré pour réussir ses études bien qu'il détonne dans cette famille de manuels où sa sexualité n'a jamais été acceptée et ses aspirations jamais comprises. Véritable électron libre, il a appris à ne compter que sur lui-même.

Lorsqu'il rencontre Rex au milieu de nulle part, c'est un être solitaire, farouche qui refuse de laisser quiconque s'approcher trop près et surtout incapable de faire confiance. Un ipod constamment sur les oreilles, une sorte d'écran entre lui et les autres...c'est un citadin branché, adepte des technologies qui a sciemment choisi sa solitude.
Il y a un vrai contraste entre ces deux là, Rex c'est la force tranquille, un brin ombrageux, il est là pour Daniel encore et toujours, prêt à l'aider à maintes occasions. Il y a chez lui un grand pragmatisme, une habilité manuelle qu'il met bien volontiers à son service.
Quant à Daniel il n'est pas du tout prêt à le laisser faire. Chaque geste lui semble suspect, il ne veut devoir rien à personne et ne sait rien accepter en toute simplicité, il est asocial, incapable du moindre partage et bien souvent terriblement blessant. Tous ses refus sont autant de rejets cinglants. Il y a des quiproquos entre eux, des incompréhensions, des malentendus mais Rex est un phare dans la tempête, droit, solide, toujours là... Quel joli personnage ! Ses faits et gestes tout en délicatesse en disent souvent bien plus que les mots...

Un bien beau récit plein de profondeur sur la solitude, sur la difficulté à faire confiance, sur les fratries et leurs relations parfois tumultueuses, bouillonnantes, bien plus complexes qu'il n'y parait au premier abord..
Quelle histoire que celle de Daniel et sa famille ! Des relations dures, violentes entre frères qui ne se comprennent pas.... c'est cruel mais aussi passionnant et la densité du personnage de Colin m'a beaucoup touchée...
Et puis il y a tout l'environnement  : la forêt, la tempête de neige, tous les petits détails du quotidien, le pain beurré avec les pâtes.... et l'ambiance feutrée, chaude, conviviale de la maison de Rex...

Les personnages secondaires sont tous importants et savoureux, Will et Léo, mais surtout la meilleure amie de Daniel, Ginger la tatoueuse, si attachante et si présente dans sa vie, c'est sa seule réelle affection ....  je souris encore au souvenir des petits surnoms vraiment craquants dont elle l'affuble : citrouille, pissenlit etc....

La fin est particulièrement cruelle pour le lecteur, il manque certaines réactions qu'on attendait ... L'histoire de Colin reste en suspens, ainsi que certaines décisions...
Quelle frustration de ne pas avoir le tome 2 sous la main !

Un bémol pour la traduction qui souffre de nombreuses maladresses.... 

Ma notation : 4,6/5

dimanche 26 novembre 2017

The Black November



En ce mois de novembre, j'ai décidé de participer au challenge lancé par Séverine Lenté sur le groupe The Black November

Voici les consignes :

- Du 1er au 05 : Choisir des thrillers avec sérial-killer.
- Du 06 au 12 : Choisir des thrillers avec un enfant comme personnage important.
- Du 12 au 19 : Choisir des thrillers d'auteurs français.
- Du 20 au 26 : Choisir des thrillers issus d'une saga et/ou avec un personnage récurrent.
- Du 26 au 30 : Choisir des thrillers sortis en 2017 (GF ou poche).

J'ai bien entendu constitué une PAL dans laquelle je vais piocher durant tout le mois et je vais tenir à jour mon bilan au fur et à mesure :

- Block 46 de Johana Gustawsson
- Carnaval de Ray Celestin
- Misericorde de Jussi Adler-Olsen
- Des garçons bien élevés de Tony Parsons
- Sans défense de Harlan Coben
- Surtensions de Olivier Norek 
- Te laisser partir de Claire Mackintosh
- Un souffle, une ombre de Christian Carayon
- Le chuchoteur de Donato Carrisi 
- Derniers adieux de Lisa Gardner
- Le tueur intime de Claire Favan
- La trilogie écossaise de Peter May
- L'affaire de l'homme à l'escarpin de Jean-Christophe Portes
- Aquarium de David Vann
- Le diable en personne de Peter Farris 
- Am stram gram de M. J. Arlidge
- Colère noire de Jacques Saussey 
- Plateau de Franck Bouysse
- Les cafards de Jo Nesbo
- Un moindre mal de Joe Flanagan  mon avis 
- Le doute de S.K. Tremayne 
- Les temps sauvages de IAN Manook
- L’hôtel de Yana Vagner
- Le gardien invisible de Dolores Redondo 



samedi 25 novembre 2017

Anna héritière de lumière: Tome 2: Trahison



Auteur : Sandra Léo
Editions : Dreamcatcher






Tu es lumière, je suis ténèbre.
La trahison n’est rien, souhaite que je ne te retrouve jamais.
Je vais te traquer jusque dans tes pires cauchemars , jusque dans le confort de ta propre mort.
Paru le 13 octobre 2017






Mon avis :

 Anna et William sont dorénavant séparés, l'une en France, l'autre en Irlande. Ils parviennent à se retrouver brièvement de temps à autre mais rien n'est simple pour eux, ils n'ont toujours pas l'approbation de leur clan respectif et doivent se cacher... 

Autour de la jeune femme, des disparitions surviennent, des attaques se multiplient, le danger est omniprésent et se cache où on ne l'attend pas. William n'aura de cesse de se démener pour la protéger...
Rêves et réalité s'affrontent, se confondent... parfois un peu trop à mon goût, j'ai eu le sentiment de m'y noyer avec Anna par moment.  
Mais il y a aussi quelques très chouettes passages comme l'apprentissage du combat ou le final en apothéose et des personnages secondaires attachants.

Une suite assez palpitante, pleine de surprises  mais qui ne m'a pas emportée autant que le premier tome. J'avais beaucoup aimé la découverte des pouvoirs d'Anna, le côté émerveillement des premiers pas qui ne pouvait perdurer évidemment mais il m'a surtout manqué la dimension plus mature de William dont la conscience écartelée m'avait tellement touchée . Ce tome-ci est beaucoup moins dans l'introspection des personnages, beaucoup plus dans l'action, le danger. C'est une conclusion efficace à une histoire calibrée jeunesse avant tout.

Une lecture très plaisante, un univers intéressant bien exploité mais le premier tome restera mon préféré.

Un grand merci aux Editions Dreamcatcher !

Ma notation : 3,25 /5 

lundi 6 novembre 2017

Elles - Saisons 1 & 2



Auteur : Nessa
Editions : Dreamcatcher



Elles, ce sont des femmes d’aujourd’hui, des femmes qui font notre société et notre richesse. Mais ce sont aussi des mères, des amantes, des employées, des patronnes.
D’un côté, nous avons Nelly, mariée à Bastien depuis des années, leur couple n’est plus que l’ombre de lui-même, la rupture n’est pas loin. Poussée par sa meilleure amie, elle va aller chercher l’aventure et braver les interdits sur un site de rencontre. Mais osera-t-elle sauter le pas ?
De l’autre Elodie, femme indépendante à la tête d’une société de vente à domicile va rencontrer lors d’un accrochage en voiture Ambre. Et si cette rencontre devenait plus qu’un simple constat à remplir ? Laisseront elles passer cette chance ?

Deux femmes, deux amies, deux histoires et tant de possibilités. Amour, rencontre et remise en question seront le maître mot de ces deux saisons.
à paraître le 13 novembre 2017

Mon avis :

Un petit livre très court, une histoire en deux parties distinctes, comme la somme de deux nouvelles avec malgré tout un lien qui les relie, l'amitié.
Mais attention ce livre est à réserver à un public averti, c'est piquant, amusant, résolument osé, on y parle de sexe sans tabou, avec moult détails.

Saison 1 : Double jeu 
Nelly est délaissée par son mari Bastien, elle s'inscrit sur un site de rencontres avec l'aide de son amie Elodie et entame une correspondante coquine avec un homme au pseudonyme évocateur. Par écran interposé, rien n'est impossible et les propos sont audacieux, les jeux de mots nombreux, suggestifs... 
Mais osera t-elle aller plus loin ? Quel genre d'homme se cache derrière ce surnom symbolique ? 
Une alternance des points de vue à la première personne dans de courts chapitres "Elle" et "Lui" rend les personnages plus proches du lecteur. On suit leurs échanges avec le sourire et la fin se dessine peu à peu.... 

Saison 2 : Le constat
Un accrochage en voiture, un constat et cette rencontre fortuite entre Elodie et Ambre va les amener à se revoir dans des conditions bien particulières. Il y aura des réunions féminines où l'on s'amuse bien, des articles de vente étonnants et des liens qui se créent.... 
Là encore, on a une alternance des points de vue à la première personne, ce qui permet un regard croisé sur les événements.

Je ne suis pas une grande adepte des romans érotiques, ni des nouvelles d'ailleurs, je reste souvent frustrée par le format court, mais j'ai lu ce petit roman avec plaisir surtout la saison 1 que j'ai trouvée plus piquante, plus amusante. J'ai bien aimé le format des échanges, les sous-entendus et avoir les réactions des deux protagonistes à chaque fois. 
Par contre, j'avoue n'avoir pas ressenti une grande empathie pour les héroïnes de la saison 2, même si la lecture en a été agréable et que j'ai trouvé quelques passages amusants. C'est une relation très personnelle qu'on noue à chaque fois avec les personnages de roman et je n'ai pas été accrochée par ces deux là, d'autres le seront assurément !  

Je suis ravie d'avoir découvert la plume de Nessa, j'en ai aimé l'humour et la liberté de ton, et j'ai beaucoup apprécié la mise en page du format papier, les petits dessins en tête de chapitre (surtout la saison 1) et la très belle couverture !

Un grand merci aux Editions Dreamcatcher !

Ma notation : 3,25/5

dimanche 5 novembre 2017

Matriochkas



Auteur : Christelle Da Cruz
Editions : Dreamcatcher

Depuis près de soixante ans, le pouvoir appartient aux femmes. Une mystérieuse épidémie a lourdement décimé la population masculine et l’isolement des survivants a conduit à une réorganisation totale de la société.

Au cœur de la capitale, Gabrielle, chauffeuse de taxi, mène une vie sans histoire entre son boulot et ses amies. Un soir, au détour d’une course réalisée pour une riche cliente, elle va se retrouver plongée dans une intrigue inquiétante.

Qui est cet homme, évadé d’un pôle d’enfermement, qui ne cesse de la traquer ? Comment a-t-il pu atteindre la capitale sans être interpellé ? Autant de questions dont les réponses pourraient bouleverser l’ordre établi.
Paru le 6 novembre 2017

Mon avis :

Cité d'Antigonia :
2023, Rebecca Gale, femme de pouvoir vient de prendre une décision cruciale dont on ne nous dévoile pas la teneur... 

2081, Gabrielle, "chauffeuse" de taxi déambule dans la cité, peuplée uniquement de femmes, au volant de sa voiture. Les hommes ont disparus, terrassés par un dangereux virus. Les survivants sont maintenus en quarantaine pour enrayer toute menace. La société dans son entier a été repensée, organisée d'une main de maître.
Une de ses clientes lui fait parcourir la ville de long en large et elle va retrouver sur sa route à plusieurs reprises un homme bien mystérieux dont la présence n'est pas autorisée .... Celui-ci va prendre une grande importance dans sa vie. Il va lui dévoiler l'envers du décor, toute une réalité qu'elle était loin de soupçonner....

Quelle excellente lecture ! 
Comme cette société futuriste a été bien pensée ! On y trouve tout un tas d'inventions, de progrès étonnants et ingénieux. L'organisation y est au cordeau et ce à tous les niveaux : vie quotidienne, amoureuse, naissances, les garçons nouveaux-nés.... tout est planifié dans le moindre détail. Je n'en dirai pas plus, j'ai tellement aimé découvrir chacun d'eux que je trouverais dommage de vous priver de ce plaisir....

L'intrigue est passionnante : le lecteur découvre en même temps que Gabrielle qui est ce jeune homme, tout ce que cache cette société dont le vernis de façade semble irréprochable. La prise de conscience est rude, violente même, et cette jeune femme entière, honnête ne peut accepter ce qu'elle constate... un vent de rébellion souffle....

La construction du roman , un va et vient entre passé et présent : 2023, 2068, 2081, donne du rythme, entretient l'intérêt, permet de dévoiler petit à petit les enjeux, le pourquoi, le comment... Les personnages sont fascinants, Gabrielle forte et intègre, Alexander solide et  intelligent et tous les autres encore Rebecca, Rose, Cléo, Adaline, Jacob, Samuel..etc... Il y a de l'action, de la romance, de l'humour.
Un petit bémol seulement, quelques passages un peu rapides, beaucoup de personnages avec des dialogues que j'aurais souhaités parfois un peu plus denses, mais rien qui n'a gâché mon plaisir de lecture, l'intrigue m'a captivée jusqu'à cette toute fin qui donne une envie folle de se jeter sur le tome suivant.     .

Et je ne peux pas ne pas parler des questions sous-jacentes du roman, celles qui donnent à réfléchir : une société exclusivement féminine aura t-elle enfin éradiqué violence et malversations ? La cruauté, la maltraitance de l'autre sexe sont-ils l'apanage des hommes ? Ces femmes sont-elles heureuses pleinement ?
J'aime beaucoup la façon qu'a eu l'auteur de poser et traiter ces questions mais là encore je n'en dirai pas plus. Pour savourer pleinement ce livre, il faut le découvrir dans son intégralité.

Vivement le tome 2 !


Un grand merci aux éditions Dreamcatcher ! 

Ma notation : 4,25/5


vendredi 3 novembre 2017

Un moindre mal


Auteur : Joe Flanagan
Editions : Gallmeister


Cape Cod, 1957. Dans cette petite communauté tranquille, une série de meurtres d’enfants paralyse la population, une famille disparaît dans d’étranges circonstances, un homme se fait violemment tabasser et refuse de dénoncer ses agresseurs. Le lieutenant Warren, de la police locale, découvre la difficulté de mener à bien son enquête dans un service corrompu. Sa position devient intenable quand arrive dans la région Stasiak, officier légendaire de la Police d’État aux méthodes douteuses. Dépossédé de ses dossiers, Warren comprend vite qu’élucider ces affaires n’est pas le but premier de ce flic brutal et manipulateur. Pourtant il ne peut pas lui laisser le champ libre, au risque d’y perdre sa place, sa réputation et peut-être beaucoup plus.
Paru le 30 mars 2017




Mon avis :

Quel excellent polar ! Une écriture ciselée, voire poétique qui installe une atmosphère bien particulière dès les premières pages, une enquête sombre, intelligente, parfaitement huilée , un véritable labyrinthe de présomptions, de fausses pistes toutes plus plausibles les unes que les autres et surtout la formidable galerie de personnages tous singuliers et denses, énigmatiques, odieux ou  attachants mais jamais insignifiants.

Bill Warren est un flic intègre, de ceux qui ont des valeurs et qui se font un devoir d'aller au bout de leurs convictions. Père isolé d'un petit garçon retardé mental qu'il aime éperdument, il se lance corps et âme dans cette enquête sur la série de meurtres d'enfants qui ébranle sa petite ville jusque là tranquille. Il va très mal accepter d'être mis sur la touche par le procureur au bénéfice de la police d'Etat représentée par Dale Stasiak.
Très vite, il note les manquements de ce dernier et l'affrontement entre eux est violent, brutal, un face à face captivant entre deux flics, l'un intègre et anonyme, l'autre ripoux et adulé.

Warren ne peut se résoudre à lâcher l'affaire et son enquête se heurte aux notables corrompus, aux manigances politiciennes, aux ambitions de ses collègues, aux préjugés ... L'atmosphère est sombre, glauque, un vrai polar noir avec tous les ingrédient du genre : la mafia, des flics ripoux, le FBI, des morts, des passages à tabac, des filatures, des fusillades. Mais il y a aussi quelques moments de grâce et d'émotion  autour de Little Mike, la relation père/fils est extrêmement touchante et Jane la baby-sitter vient apporter une petite touche de douceur.

La tension montre crescendo, le lecteur tremble pour Warren, pour Little Mike, il soupçonne chacun des protagonistes tour à tour, les investigations mènent à des impasses, les fils se nouent et se dénouent, et tout s'emballe dans le dernier tiers du livre pour un final étourdissant. Passionnant et maîtrisé de bout en bout !

Certains seront gênés par la petite touche finale, ce n'est pas vraiment mon cas, si je n'ai pas complètement adhéré, j'y ai vu de la lumière, de l'espoir au bout de toute cette noirceur accumulée.

Une excellente lecture ! 

Ma notation : 4,7/5



dimanche 15 octobre 2017

Crimes en Himalaya - Tome 1 : Le Talisman Tibétain



Auteur : Bernard Grandjean
Editions : Les Editions du 38


Namdang est une paisible bourgade du Sikkim, au pied de l’Himalaya. Paisible, vraiment ?
Un vieux lama tibétain se passionne pour la photo de Speedy Ping, célèbre acteur chinois. Pourquoi ?
Et quand, réfugié dans la maison que son ami Anil Roy, vedette de Bollywood, possède à Namdang, Speedy Ping échappe de peu à un assassinat, le mystère s’épaissit.
Qui sont ses ennemis ?
Que veulent-ils ?
Gopika, jeune et jolie enseignante, et son ami Doc Tenzin, médecin traditionnel tibétain, vont tenter de résoudre l’énigme. Entre mirages du cinéma indien et mystères du Tibet...

Crimes en Himalaya est la nouvelle série policière de Bernard Grandjean, qui met en scène un duo atypique : Gopika, jeune enseignante indienne et Doc Tenzin, médecin traditionnel tibétain.
Ensemble, sur les terres himalayennes et sur fond de turbulences politiques entre Tibet, Chine et Inde, et de corruptions en tous genres, ils vont mener l’enquête pour résoudre meurtres, intrigues, mystères...
Paru le 15 octobre 2017

Mon avis :

J'ai tout d'abord été attirée par la couverture et le titre, puis le résumé a fini de me tenter.... Un polar qui se situe dans ce pays lointain, c'était promesse de dépaysement et je n'ai pas été déçue.

Dans le petit village reculé et tranquille de Namdang au pied de L'Himalaya, nous faisons très vite connaissance des deux personnages principaux très proches mais très différents :
Tenzin Mingour est un médecin traditionnel tibétain, également Nakpa (laïc bouddhiste qui a prononcé certains vœux sans devenir moine) ce qui lui donne une dimension particulière, une sagesse ancestrale. La quarantaine, cet homme que la vie n'a pas épargné se montre plein de perspicacité et surtout plein d'humanité. J'ai beaucoup aimé la délicatesse qu'il a envers les autres, une  pudeur et une réserve pleine d'attention. C'est un personnage particulièrement attachant.
Gopika Pathak est une très jolie jeune fille indienne de 25 ans, originaire de Bombay, au passé douloureux.  Professeur d'anglais et de hindi à l'école tibétaine du village, elle est brillante mais peut se montrer naïve et même superficielle, c'est ce paradoxe chez elle qui la rend plus réelle et lui confère un charme supplémentaire.

Entre ces deux-là, l'amitié est profonde et sincère et ils se trouvent entraîner dans une sombre histoire mêlant mafia, cinéma, traditions et croyances tibétaines .
Une enquête plutôt classique mais très bien ficelée qui nous balade entre trois pays l'Inde, la Chine et le Tibet : agressions, morts, mensonges, rebondissements, surprises, un mystérieux talisman disparu... je ne me suis pas ennuyée un seul instant.

Une foison de personnages secondaires charismatiques gravitent autour d'eux : le vieux lama Thoubten Norbou, les acteurs Speedy Ping et Anil Roy, Lalit le garde du corps patibulaire, Maman Pouspika l'intendante, chacun prend place dans l'histoire et certains peu à peu se dévoilent... 

Mais ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est le dépaysement, c'est être immergée dans d'autres cultures, les traditions tibétaines et hindoues sont longuement évoquées : nourriture, vie quotidienne, croyances, tout cela appuyé par un vocabulaire précis expliqué dans un lexique en fin de livre, c'est extrêmement documenté et passionnant. L'Histoire est omniprésente mais de façon subtile, il est question de l'oppression chinoise, le passé de certains protagonistes renvoie aux camps de travail, aux tortures subies... La narration est ancrée au croisement de ces trois pays et ce petit village tranquille où les habitants vivent encore au rythme ancestral se trouve confronté au clinquant du monde Bollywoodien, aux intrigues mafieuses...Un véritable choc culturel dont tous ne sortiront pas tout à fait indemnes... 

Une entrée en matière réussie pour le premier tome d'une série que je suivrai avec grand plaisir. Je suis d'ores et déjà persuadée que les personnages de Tenzin et Gopika vont prendre encore plus d'épaisseur dans leurs prochaines aventures et j'ai hâte de retrouver l'atmosphère si particulière créée par la plume de l'auteur .

Un grand merci tout particulier aux Editions du 38 !

Ma notation : 4/5 

mercredi 11 octobre 2017

Le projet Phénix - Tome 1 : Liz



Auteur : GH David
Editions: Dreamcatcher


2003, Toulouse, dernière année de fac, trois destins se croisent.
Liz, qui parait pleine d’assurance, dissimule de profondes blessures et de sombres secrets.
Max, populaire en apparence, est un jeune homme terriblement solitaire.
Que dire d’Alex, dont on ne sait absolument rien : à croire qu’il n’a jamais existé.
Une mystérieuse mission, des secrets bien gardés, d'inquiétantes menaces : lorsque les fantômes oubliés resurgissent, quand l’attirance s’en mêle, s’opèrent de curieuses métamorphoses.

Aucun d'eux n’est ce qu’il prétend être. Victimes ou prédateurs, qui sont-ils vraiment et surtout, que cachent-ils ?"
Paru le 18 septembre 2017

Mon avis :
Je n'aime pas la Dark Romance, c'est un fait établi... Ce n'est pas sa noirceur qui me dérange mais je n'aime pas bien souvent les valeurs qu'elle véhicule : les femmes captives, violées qui tombent amoureuses de leurs bourreaux et autres récits du même acabit ... non merci, ce n'est vraiment pas pour moi, ça me hérisse...
Je suis entrée dans ma lecture un peu sur la défensive, je l'avoue.... et j'en ressors sans aucun malaise coutumier, intriguée et même séduite par plusieurs côtés de ce roman extrêmement bien mené.

Alors oui, c'est sombre, les personnages sont torturés, voire même tordus pour certains, il y a beaucoup de noirceur en eux, des passés troubles et douloureux et si je n'ai pas réussi à vraiment m'attacher à Liz malgré son côté fragile et la force intérieure qui l'habite, ses réactions et sentiments m'ont parfois déconcertée, j'ai par contre été totalement fascinée par Alex.... Quel personnage incroyable ! Un homme énigmatique, plein de contradictions, intense, à la fois effrayant et éminemment dangereux mais aussi parfois tellement touchant et attachant. 
Ce sont vraiment les passages de sa narration que j'ai préférés, sa froideur qui se fendille, sa psychologie dense et indéchiffrable.. Et puis il y a ce chapitre "Métamorphose", une véritable introspection, magnifique moment avec le "Je l'aime" scandé comme un refrain, une révélation qui s'impose à lui. C'est superbe et c'est certainement le plus beau passage du livre pour moi.

Le triangle formé entre Max, Alex et Liz n'est en rien un triangle amoureux classique, de ceux que je déteste. C'est bien plus subtil, bien plus intéressant. Max semble être l'antithèse d'Alex, les relations entre eux sont confuses, à la fois amicales mais empreintes de méfiance. On soupçonne un gros passif entre ces deux-là mais rien de sera vraiment révélé ! 

Par ailleurs,  quelques bribes sont dévoilés  parcimonieusement sur le mystère qui entoure ce fameux projet qu'on perçoit mais dont on ne connait ni les tenants, ni les aboutissements. L'intérêt et la curiosité sont sans cesse renouvelés... Les secrets planent et le suspense est subtilement entretenu.

Avec une plume toujours aussi piquante, ce roman est un ovni pour moi dans la production tellement prévisible de la Dark Romance, bien plus profond et plus abouti.
J'en ressors totalement intriguée, pleine de questions en suspens, avec une envie folle de connaître le pourquoi, le comment et tout le reste encore. Je ne désespère même pas d'arriver à apprécier Liz par la suite ! 
Vivement le tome 2 !

Encore une mention particulière pour la superbe couverture et pour ce phénix énigmatique qui clôture chaque chapitre, c'est encore une fois un bien beau travail ! 
Un grand merci aux éditions Dreamcatcher !

Ma notation : 4,25/5

Le parlement des cigognes




Auteur : Valère Staraselski
Editions : Cherche Midi


Cracovie, au cœur de l'Europe : durant la visite d'une galerie de peintures, de jeunes Français rencontrent un vieillard insolite portant nœud papillon en laine et canne à pommeau. Il se tient immobile devant un tableau représentant des cigognes. Qui est cet homme irradiant tant d'énergie ? 
Au travers d'un récit bouleversant, le vieil homme témoigne de son expérience dans un pays jadis asservi par les nazis. Il livre cette part de vérité sans laquelle il n'est pas de liberté possible. Cette vérité irréparable que l'on porte en soi pour toujours. 

Une poignante leçon d'histoire.
Paru le 24 août 2017



Mon avis :

Un livre très court, à peine 116 pages lues en une petite matinée, mais un livre percutant qu'on referme certainement pas tout à fait indemne...

.Une équipe de jeunes gens en stage d’hôtellerie à Cracovie.: Katell, Maxime, Zahia, David et les autres déambulent dans les rues de la ville, insouciants, libres, avides de découvertes. Ils flirtent, se promènent et croisent parfois, au détour d'une rue, quelques vestiges d'Histoire qui amènent une gravité éphémère dans leur flânerie.
Il y a une vraie légèreté dans ce début de roman, une légèreté teintée de solennité dans cette ville où la neige étouffe les sons mais n'efface pas tous les stigmates d'une guerre pas si lointaine...

Petit à petit, le roman prend de la densité, cette bande de jeunes en balade croise la route d'un vieil homme dans un musée, figé devant un tableau énigmatique. Sans se faire prier et sans aucun détours, il va se livrer, raconter sa jeunesse, la guerre, le ghetto juif, des souvenirs parfois insoutenables. Il ne cache rien, c'est cru, violent, terrible. Ce n'est en rien un récit linéaire mais une multitude de souvenirs incoercibles qui suivent un fil conducteur, ce qui donne un réalisme encore plus frappant. Les silhouettes fugaces des disparus traversent son récit : Kijek, Szajna, Luka, et tous ceux dont les noms se sont perdus...., tous morts, martyrisés et pas seulement par les nazis...
Et puis, il y a ce périple incroyable de ce rescapé qui raconte sans fioritures l'horreur, la haine, la fureur, la sauvagerie, la lâcheté et son incroyable ténacité à survivre... et il y a aussi les cigognes, celles qu'il ne peut oublier...

Un livre terrible qui raconte l'indicible, qu'il faut lire parce que le devoir de mémoire c'est l'affaire de tous... J'avais la naïveté de croire que la libération des pays sous le joug du nazisme avait signé l'arrêt des exactions contre les juifs, quelle erreur ! 
Un témoignage précieux, écrit d'une plume précise, directe et sensible, le récit bouleversant d'un vieil homme digne, une transmission nécessaire pour ne pas oublier, pour prendre conscience pleinement...

Un grand merci à Babelio !

Ma notation : 4,5/5



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lundi 25 septembre 2017

Oser t'aimer



Auteur : Emilia
Editions : Dreamcatcher


Décider de révéler son homosexualité à ses parents et se retrouver à la porte de chez elle. Voilà ce qui arrive à Heather, dix-neuf ans.
Sa route va croiser celle d'Ava qui cherche quelqu'un pour emménager avec elle.
Ava sent qu'Heather ne la laisse pas indifférente et sera plus qu’une locataire.
Comment gérer toutes ces nouvelles sensations qu’elle ignorait? Comment oser ce que les autres ont dû mal à accepter? Pour avancer, elles vont devoir se protéger, en prenant tout simplement le risque d’aimer...
A paraître le 2 octobre 2017





Mon avis

Une petite romance très rapide à lire, à peine 170 pages sur liseuse, entre deux jeunes filles que rien ne prédisposaient à se rapprocher.
Dans une parfaite alternance, on va suivre Heather et Ava qui chacune son tour sera narratrice et nous dévoilera ses pensées intimes.

Dans un prologue très abrupt, Heather raconte l'affrontement violent avec son père qui l'expulse sans ambages. Réfugiée chez son ami Ben, elle ne peut s'incruster sur le long terme et finit par se résoudre à prendre un appartement malgré ses moyens limités.
Ava cherche une colocation pour pouvoir prendre son indépendance et tombe sur l'annonce de Heather, celle-là même que tout le monde montre du doigt au lycée, celle que ses parents ont mise dehors.... Mais pour Ava, pas de problème, elle emménage malgré les réticences de son macho de copain.
Entre elles deux le feeling passe très vite, et rapidement les émotions évoluent, les sentiments affleurent... mais il n'est pas facile de s'avouer ses désirs pour Ava et difficile de refréner les siens pour Heather. Entre jalousie, incompréhension, il faudra un peu de temps pour éclaircir tout ce maelstrom de sentiments et pour s'avouer mutuellement son attachement.
C'est avec une plume délicate que l'auteur nous décrit le trouble qui s'installe, le rapprochement tout d'abord hésitant. C'est léger et sensible.

Autour d'elles évolue une belle galerie de personnages formidables ou détestables : Ben l'ami fidèle et prévenant, Josh le frère protecteur, Justin l'odieux macho, l'extraordinaire père d'Ava, la tante ouverte d'esprit... Tous sont joliment esquissés.

Beaucoup de thèmes sont abordés dans ce petit roman : l'homophobie, la violence de la société, le rejet des siens, l'acceptation de soi, l'amour familial, la filiation, la violence domestique. Mais tout cela est ramassé en 170 pages et donne une impression d'accumulation de problèmes. Les questions soulevées, bien que pertinentes par rapport au vécu des deux héroïnes, sont survolées et se résolvent bien trop vite à mon sens, chaque thème important aurait mérité un peu plus d'approfondissement. Je n'aurais pas dit non à une bonne centaine de pages de plus...

Autre petit bémol : j'aurais adoré un changement de style dans la narration entre les deux voix qui se succèdent. Chaque fille a son propre caractère et j'aurais aimé le retrouver dans leurs mots, leurs phrases, mais tout est écrit uniformément tout au long du récit.

Malgré ces quelques réserves, j'ai passé un bon moment avec Heather et Ava, Ben, Josh et tous les autres et  je garderai un œil vers les prochaines sorties de l'auteur.

Pour finir, une mention particulière à la couverture dont je ne me lasse pas et aux petites illustrations qui jalonnent le texte, c'est un bien joli travail éditorial !

Merci aux Editions Dreamcatcher !

Ma notation : 3,5/5





lundi 18 septembre 2017

Meilleurs ennemis : De la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas



Auteur : Sally Thorne
Editions : Harlequin


Le jour où Lucy rencontre son nouveau collègue, Joshua Templeman, elle n’en revient pas : il est à tomber ! Sauf qu’il ne lui faut pas plus de deux secondes pour découvrir qu’il est aussi froid, cynique, impitoyable… absolument détestable ! Alors, quand leurs chefs respectifs les mettent en concurrence pour une promotion, Lucy est prête à tout pour le battre. Car, si elle gagne, elle sera sa boss. S’il gagne… elle démissionnera. Autant dire qu’elle n’a pas le choix : elle doit gagner. Mais lorsque, un soir, dans l’ascenseur, ce traître de Josh l’embrasse fougueusement, elle est complètement déstabilisée. Se serait-elle trompée à son sujet depuis le début ? Ou est-ce une tactique de Josh pour lui faire perdre ses moyens ?
Paru le 5 octobre 2016



Mon avis :

Voilà un livre qui m'a un peu réconciliée avec le genre !
Quel bonheur de lire une romance contemporaine réussie de bout en bout. J'ai tout aimé dans cette histoire, la trame, les personnages, l'atmosphère... c'est frais, c'est léger, c'est drôle, c'est fun, c'est d'un romantisme... on tourne les pages les unes après les autres avec bonheur, complètement happé par cette histoire d'amour-haine particulièrement bien construite.

Dès les premières pages, j'ai été embarquée par le ton sarcastique pour raconter la fusion de deux mondes de l'édition à l'opposé l'un de l'autre et j'étais prête à 100% à assister aux affrontements  des deux protagonistes.
C'est un choc entre deux modes de pensée, deux manières de se comporter, deux attitudes....
Elle : un côté bohème, les sourires, la volonté de faire plaisir à tous
Lui : le côté froid et calculateur des affaires, implacable, dur avec les employés, rigoureux....
Le feu contre la glace !

Et on peut dire qu'il y a un  jeu subtil entre ces deux-là, une façon de se jauger, de se défier, de se blesser.....
C'est bien amené.... on sent cette tension entre eux qui s'étire, se tend.... franchissant parfois (souvent!) les bornes.
Ils passent leurs journées face à face et c'est elle qui raconte... On frémit avec elle sous le regard brûlant qu'il lui adresse en continu, mais elle ne baisse jamais les bras, elle se met même dans des situations impossibles... On perçoit dans toute sa narration une attirance dont elle n'est pas même consciente et à laquelle elle ne peut pas échapper, il est comme un aimant vers lequel elle revient sans cesse : regarder ce qu'il fait, ce qu'il porte, l'espionner et se vautrer au quotidien dans la haine, rendre coup pour coup... cela devient la préoccupation première.

Ils développent une sorte de langage qui n'appartient qu'à eux.... une connivence dans les passe d'armes : des regards, des sarcasmes.
C'est vraiment bien écrit et c'est avec beaucoup de subtilité et de savoir faire que la relation glisse vers quelque chose de plus complexe, de plus subtil, de plus intriguant. On sent petit à petit que l’intérêt n'est pas seulement vindicatif, que l'intérêt est bien plus profond que ça, bien plus énigmatique et ce, des deux côtés...

Il y a des passages décisifs comme lorsqu'elle est malade où tous les codes établis entre eux volent en éclat.... on découvre une autre facette de Joss,
Mais il y a aussi des passages drôles et  tellement révélateur (le paintball !)  de la façon dont chacun perçoit l'autre... Des moments drolatiques où l'on ricane tellement les situations sont cocasses...

Puis...un romantisme fou émerge de toute cette hostilité... j'adore le personnage de Joss qui se découvre petit à petit, c'est finalement un véritable gentleman sous ses dehors froids et durs. La méfiante reste de mise en face, il est difficile de baisser les armes quand on est si bien habitué...

Tout est superbement dosé, autant le côté blessures des personnages que la façon de résoudre les problèmes.
Et enfin des scènes sensuelles qui ne sont pas juste des prétextes à, mais qui s'inscrivent parfaitement dans l'histoire sans aucune vulgarité jamais et sans surenchère aguicheuse. Le ton est très juste et c'est beau !

Vraiment une jolie histoire à la fois drôle et romantique qui se termine avec un joli swing.... une histoire qui tient la route, totalement aboutie et qui m'a vraiment permis de passer de vrais moments de plaisir .... Merci !

Ma notation : 4,5/5

dimanche 17 septembre 2017

Chasser la tempête



Auteur : V.M Waitt
Editions : Dreamspinner Press



Jusqu’au jour où il achète un vieux pick-up, Elijah Morgan vit sa vie selon les desiderata de sa famille, sans trouver sa place. Désespéré de trouver sa propre voie, il prend la route et finit par se retrouver coincé dans le Nebraska. Refusant de demander l’aide de ses parents, il prend un emploi chez le rude et indépendant agriculteur, Chase McKenzie.
Paru le 28 juin 2016







Mon avis :

Ah quel livre ! Que d'émotions ! De la tendresse pour les personnages, de la colère, de l'amertume...
Une envie parfois de dire Elijah sauve toi !
La présence écrasante d'Owen m'a au départ beaucoup dérangée.... j'ai bien cru que j'allais détester ce livre.... mais non très curieusement, et c'est bien une première, ce livre m'a fait croire vraiment à une seconde chance, à une histoire qui ne soit pas un second choix obligé, à une vraie possibilité d'aimer à nouveau pleinement...

Tout l'environnement est superbe, le Nébraska (j'entends le disque de Bruce Springsteen là), le country, les chapeaux, les chevaux (qui représentent tellement..... trait d'union entre le passé et le présent, symbole de guérison, de renouveau et d'espoir) , les jambières, les grands espaces.... tout un folklore du cow-boy qui me parle vraiment... un dépaysement dans un milieu rude et sauvage.

Un huis clos parfois étouffant entre deux hommes très différents, un tout jeune homme plein d'illusions, d'espoir et qui fait preuve d'un esprit d'aventure étonnant et d'une maturité surprenante dans ses décisions.
Et un homme abrupt, rude, qui souffre... plein de culpabilité, de désir et qui n'arrive pas à faire la paix avec ses sentiments....
Tout se joue au rythme de la ferme, dans le travail ardu, dans le silence parfois pesant... il y a des regards, des petits gestes... tout est feutré, subtil...des moments de grâce parfois.... 
Un livre où les relations se bâtissent dans la douleur et la profondeur....
Dans ce face à face brutal, mais aussi plein de passion, Elijah grandit et devient un homme pendant que Chase se reconstruit, accepte de vivre à nouveau. 

La fin est superbe, j'ai été soufflée par l'abnégation de Chase, cette clairvoyance  pleine d'affection et la voix d'Elijah qui raconte son cheminement, ses douleurs mais aussi ses certitudes, les lettres qui l'aident à supporter, c'est tout simplement beau ! 

Une bien belle découverte !

Ma notation : 4,7/5





dimanche 3 septembre 2017

Sukkwan Island




Auteur : David Vann
Editions : Gallmeister


PRIX MÉDICIS ÉTRANGER
Une île sauvage du Sud de l'Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C'est dans ce décor que Jim décide d'emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'échecs personnels, il voit là l'occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu'il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu'au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin. Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable.

Avec ce roman qui nous entraîne au cœur des ténèbres de l'âme humaine, David Vann s'installe d'emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.
Paru le 5 janvier 2010

Mon avis :

Quel livre marquant ! Je l'ai lu il y a quelques temps déjà et il me semble que c'était hier tant les souvenirs en sont vivaces ...
Pas de chapitres dans ce livre là mais deux parties qu'on lit d'une traite sans respirer presque...

C'est un huis clos entre un père et un fils sur une île loin de tout et de tous avec quelques matériels pour survivre et une simple radio au cas où.... Un avion pour trait d'union avec la civilisation qui viendra les voir de loin en loin.
Une fois seuls, il faut s'organiser pour survivre, prévoir le froid, s'adapter à la nature parfois bien plus hostile qu'ils ne l'attendaient et puis il y a la promiscuité entre eux ... ils ne se connaissent pas vraiment et l'attitude équivoque du père amène très rapidement une tension palpable.

Pendant toute la première partie, on suit Roy, on perçoit chacun de ses sentiments, sa difficulté à vivre le rêve du père, à le comprendre... Il s'est laissé embarqué sans enthousiasme dans cette aventure extra-ordinaire et se sent un peu piégé.
C'est extrêmement bien pensé, raconté, les descriptions de la solitude, l'âpreté de l'endroit, l'atmosphère trouble qui peu à peu se charge en tension jusqu'au point de rupture où survient l'inattendu, l'incompréhensible, l'inadmissible .... 

Et on bascule dans la seconde partie où c'est le père qui devient personnage central. J'ai eu moins d'empathie pour lui, même si son parcours est terrible aussi. Je n'ai pas toujours compris toutes ses réactions, ses décisions, mais j'ai été touchée par son incapacité à surmonter le drame, par sa détresse profonde et je n'ai pu poser mon livre avant d'avoir tourné la dernière page .

Une nature préservée, sauvage qui sert de révélateur pour la part la plus sombre de chacun, un drame familial, une exploration des rapports père/fils, des attentes de chacun, de leurs incompréhensions, c'est d'une noirceur totale, c'est dur, c'est violent et c'est magistralement écrit !

Ma notation : 4/5


jeudi 31 août 2017

Je voyage seule



Auteur : Samuel Bjørk
Editions : France Loisirs


La Norvège tout entière est sous le choc : un promeneur a découvert dans la forêt une petite fille assassinée, pendue à un arbre avec une corde à sauter et portant autour du cou un panonceau où figure la mention : Je voyage seule. 
Chargée de l'affaire, le commissaire Holger Munch décide de s'assurer l'aide de son ancienne collègue, Mia Krüger, douée d'une intuition imparable. Il part la chercher sur l'île de Hitra où elle vit recluse. Ce qu'il ignore au sujet de Mia c'est qu'elle s'y est retranchée pour se suicider. Or, quand elle regarde les photos de la fillette, elle remarque un détail qui avait jusque-là échappé à tout le monde et comprend qu'il y aura d'autres victimes...
Paru en 2015




Mon avis :

Face à l'odieux crime commis sur une fillette, le commissaire Holger Munch va faire appel à Mia Kruger pour prendre l'affaire en main avec lui.
Tous deux ont un passé commun très douloureux et ne se sont pas revus depuis longtemps, chacun vivant avec ses démons.
Mia est une jeune femme que la mort de sa jumelle mène au bord du suicide, Holger est un homme blessé dont la vie privée est désastreuse. Mais entre eux subsiste un lien étroit, une connivence.

Pour faire face à cette nouvelle enquête éprouvante, toute l'équipe d'antan est reformée et c'est une véritable équipe de choc, professionnelle, redoutable  qui s'attelle à retrouver ce tueur monstrueux qui laisse sur son chemin des petites filles toujours du même âge..
Un petit nouveau se joint à eux : le hacker, un personnage savoureux qui va devoir faire sa place dans ce groupe reconstitué très soudé.

L'enquête est difficile, les pistes se multiplient, le lecteur est baladé sans jamais déceler la vérité (du moins pour ma part !) jusqu'à la fin.
Point d'orgue du récit : la scène où les journalistes d'un coup se trouvent face à une responsabilité écrasante. C'est un moment particulièrement intense et malheureusement je trouve qu'elle n'a pas assez été exploitée... ce sera mon petit bémol.

Un récit efficace, bien mené, des personnages denses et très attachants, une fin judicieuse, c'est avec grand plaisir que je retrouverai toute cette équipe dans le second tome Le Hibou.

Ma notation : 4,25/5 

mercredi 30 août 2017

Souviens-toi, il y a dix ans



Auteur : Susan Fox
Editions : J'ai Lu Pour Elle


Evan Kincaid en est convaincu, la meilleure chose qu'il ait faite dix ans plus tôt a été de quitter Caribou Crossing où il avait passé ses sombres années d'enfance. Jessica Bly était alors la seule à l'aider et à le comprendre. Mais leur amitié n'a pas survécu. Aujourd'hui, chacun mène la vie dont il a toujours rêvé. Evan, conseiller en placements à New York, brasse des millions. Jess, dans sa bourgade, travaille au ranch touristique le White Horse, au milieu des chevaux qu'elle adore. Elle a dans l'idée de créer son propre camp équestre. Evan se voit un jour confier par un client la mission de se rendre à Caribou Crossing, dans un ranch qui autrefois n'existait pas, le White Horse. Il doit y étudier en secret le projet d'une certaine T. J. Cousins. C'est vraiment à contrecœur qu'il quitte sa métropole chérie.
Paru le 6 avril 2016

Mon avis :

Une romance toute simple qui suit les codes du genre et qui tient son rôle d'évasion.

Deux amis d'enfance qui un jour poussent la relation plus loin, mais cela se termine mal.
Evan s'est comporté comme un véritable mufle (à mon avis, il est impardonnable et sans aucune circonstance atténuante !)
Dix ans plus tard, il arrive affichant sa réussite et son assurance...

Jess, quant à elle, est enfermée dans une vie plus difficile. Elle est divorcée d'un Dave charmant et gentleman avec qui elle garde des relations amicales mais elle a toujours les mêmes rêves plein la tête qu'elle n'a jamais pu concrétiser.

Sans surprise, leur nouvelle rencontre va susciter attirance, connivence mais aussi méfiance et réserves. Le rat des ville et le rat des champs vont se heurter, se tourner autour, se chercher, se bousculer... Qui fera le plus grand chemin vers l'autre ? Quels secrets dévastateurs seront dévoilés ?

Une petite romance sans prétention et sans grande surprise mais qui se lit vite et permet de passer un bon moment de détente.

Ma notation : 3,5/5

mardi 29 août 2017

Phobos tome 1



Auteur : Victor Dixen
Editions : Robert Laffont
Collection : R

Six prétendantes.
Six prétendants.
Six minutes pour se rencontrer.
L'éternité pour s'aimer.

Il veulent marquer l'Histoire avec un grand H.
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l'oeil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.
Elle veut trouver l'amour avec un grand A.
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...
Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.
Paru le 11 juin 2015

Mon avis :

Voilà bien longtemps déjà que je vois ce livre partout, que je comprends qu'il soulève l'enthousiasme. Je n'en savais presque rien si ce n'est qu'il était question d'envoyer des jeunes dans l'espace et aussi de télé réalité. J'ai été intriguée par l'idée, séduite par la couverture et j'ai donc fini par succomber à ma curiosité....

Le narrateur est Léonore, elle est l'une des six prétendantes, personnage intéressant parce qu'elle reste un tant soi peu critique, insaisissable et d'un fort caractère. C'est la seule qui hésitera, la seule qui ne peut pas être hyptonisée, une sorte d'électron libre au milieu de tous...
Tout ce premier tome est le voyage de ces 12 prétendants vers mars afin de peupler ce nouveau territoire.

J'ai été en premier lieu déstabilisée parce que le double jeu des organisateurs est révélé dès le début et je me suis dit que ça allait un peu gâcher le suspense mais finalement c'est très intelligemment joué parce que la tension est du côté du lecteur qui sait en partie, qui frémit, qui est sur le qui-vive, ce qui rend l'histoire plus intense.

C'est le côté Télé réalité qui prend largement le dessus. Pendant ce voyage les speed-dating sont organisés et l'intérêt réside dans la découverte de tous les participants les uns après les autres, des liens qu'ils créent entre eux .
Il y a plusieurs points de vue, Léonore, les spectateurs, Séléna et les organisateurs, le personnage d'Alex très intéressant qui sera un formidable allier.... C'est vivant, très plaisant à lire et je n'ai eu aucun ennui même si j'ai largement préféré les scènes dans la capsules et entre les jeunes que les passages TV ou au sein de la salle des commandes.... on se laisse prendre à ces jeux de l'amour bien peu spontanés mais où les sentiments affleurent...

Formant une assemblée cosmopolite, chaque personnage dans la capsule a ses secrets, ses blessures qui l'ont amené à postuler pour une aventure aussi définitive... C'est intéressant de voir les réactions diverses, de voir s'instaurer des amitiés et plus encore. 
C'est peu à peu que chacun se dévoilent dans ce huis clos exposé.... On est d'ailleurs un peu comme au théâtre, une lieu fermé où tout se joue en direct devant des spectateurs et j'ai trouvé judicieux de remplacer les mots "chapitre" par "acte", on est tout à fait dans cette dimension de représentation avec en prime une part d'improvisation essentielle.

Il y a une véritable tension, des retournements de situation, des personnages variés, attachants pour certains et si je pensais (espérais) vraiment avoir plus de développements sur l'espace, je me suis malgré tout laisser prendre par le récit.
Un petit plus : j'ai bien aimé les schémas qui concrétisent tout le côté matériel de l'aventure ... ça donne une épaisseur à l'histoire, un côté réaliste même....

Une agréable lecture avec un beau suspense de fin qui appelle le tome 2...

Ma notation : 4/5

Le tricycle rouge



Auteur : Vincent Hauuy
Editions : Hugo Roman



Noah Wallace est un homme usé, l'ombre du brillant profileur qu'il était jusqu'à ce qu'un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais une carte postale trouvée sur le lieu d'un crime atroce au Canada l'implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Dans le même temps, à New York, la journaliste-blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix. Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?
Paru le 18 mai 2017



Mon avis :

Un prologue très accrocheur et j'étais déjà ferrée...
En premier lieu, ce roman m'a beaucoup plu parce que j'ai adoré le personnage de Noah plein de fêlures, avec un passé douloureux. Il a laissé une part de lui dans l'accident de voiture qui a emporté sa femme : une part physique mais aussi une part de lui-même : amnésie, deuil de lui-même.
C'était un profileur redoutable, il a perdu ce côté affûté, logique mais s'est découvert depuis des fulgurances, des intuitions... l'homme rationnel est devenu un homme sensible,  très empathique....J'ai beaucoup aimé le côté don de Noah, cette faculté à percevoir, ressentir.... Cela donne une dimension particulière un peu surnaturelle.
Il a rencontré Rachel qui l'aide à se reconstruire, une femme splendide, un brin féline qu'il a du mal à accepter mériter.

Au début du roman, Noah travaille dans son usine mais son nom apparaît sur une scène de crime au Québec. Il y est donc envoyé et forme à nouveau équipe avec son ancien binôme Steve .
Il apparaît amoindri, sujet aux vertiges, avec des épisodes de grande faiblesse, il marche avec une canne, consomme de la Vicodine....(d'ailleurs on a droit à un petit clin d’œil au docteur House ... ), il a un suivi psychologique...
Les crimes odieux se succèdent  avec une débauche de sordide, une plongée dans l'horreur et très curieusement, il y a des messages dans les mises en scène qui s'adressent à lui.

Sur place, avec Steve, ils doivent travailler avec un binôme Québécois... l'homme Bernard semble extrêmement coincé et la fille Clémence étrange singulière.
On se jauge, se méfie, s'affronte, se teste mais on finit par travailler ensemble et même s'apprécier ... J'ai beaucoup aimé les Crisse, ostie.... jurons du cru savoureux qui jalonnent le texte.

En parallèle, Sophie, blogueuse au caractère affirmé se bat contre les préjugés,  et l'image qu'elle donne. Elle tient un blog d'investigation,  aidée par son ami Blake et va appeler son ex Benedict à la rescousse car elle est sur la piste d'un journaliste mystérieusement disparu et reçoit des renseignements énigmatiques...

Deux enquêtes qui s'entrecroisent et qui vont aussi replonger dans le passé de Noah, peu à peu l'effroyable est révélé et draine dans son sillon moult morts, les masques tombent, c'est diablement bien ficelé. Rien de simple, mais une kyrielle de pistes, d'éléments, le lecteur est parfois perdu et se laisse mener du début à la fin.
Je n'ai rien vu venir, ni les morts, ni les trahisons, ni les loyautés....

Des chapitres courts, alertes, un va-et-vient entre les deux pôles de l'histoire, tantôt Noah et les enquêteurs, tantôt Sophie submergée par une histoire qui la dépasse, tout ceci donne un rythme soutenu et un intérêt constamment éveillé, on bascule sur un autre chapitre à des moments cruciaux et le suspense est constamment entretenu.

Il y a beaucoup de noirceur dans ce livre, en plus des crimes sordides, il y est question aussi de maladie, de mort...
Et puis il y a la fin terrible où tout prend sens...

Outre cette enquête dense, j'ai particulièrement apprécié l'évolution des personnages, que ce soit Steve qu'on perçoit peu à peu, Bernard finalement très touchant ou Noah dans l'introspection, à la recherche de son moi.

Alors oui, l'histoire est hautement improbable, mais le scénario est parfaitement huilé, impénétrable, le suspense est quasi continu et surtout les personnages extrêmement attachants, je ne vais certainement pas bouder mon plaisir !

Pour finir, j'ajoute une mention particulière à tous les jeux sur les mots, les têtes de chapitre sibyllines qui m'ont plongée dans mon dictionnaire plus d'une fois.... Enrichissant !

J'espère vraiment que l'on retrouvera Noah dans d'autres enquêtes, ce personnage me semble encore plein d'avenir et de promesses ... et j'ai du mal à le quitter tout à fait...

Ma notation : 4,25/5


mercredi 9 août 2017

Pierre-Fendre


Auteur : Brice Tarvel
Editions : Les moutons électriques

On n’y entre pas plus qu’on n’en sort. On y naît, on y vit, puis on y meurt. Un monde clos de murailles infranchissables, chapeauté d’un éteignoir de grisaille. Certains ont l’illusion d’un nid somme toute douillet, d’autres ragent d’habiter une prison. Dulvan et son ami Garicorne appartiennent à ces derniers. Sans savoir ce qu’est vraiment le Grand Dehors, ils aspirent à en percer les mystères et rêvent d’une existence tout autre. Mais, pour ce faire, il convient de faire tomber l’enceinte géante, c’est-à-dire se rendre dans la salle-territoire de l’éternel hiver afin d’arracher la Sommeilleuse à ses songes. Comme le racontent les vieux récits, l’énigmatique endormie est-elle cependant bien une déesse dont les errances oniriques ont fait que le château et tout son contenu soient devenus réalité ?
Parce qu’elle ne peut supporter l’idée de perdre son frère, Aurjance quittera son cher royaume du printemps pour se lancer à la poursuite du jeune homme. Quant à Murgoche, la peu recommandable sorcière, elle n’entendra pas se laisser flouer par deux foutriquets.
A paraître le 24 août 2017

Mon avis :
Voilà un livre que j'attendais avec impatience avec son titre séduisant, son résumé accrocheur et une superbe couverture. C'est un très bel objet livre de qualité comme si souvent chez Les moutons électriques, une maison d'édition que j'ai découvert cette année pour mon plus grand bonheur.

Quel univers original ! Je ne suis pas une grande connaisseuse de la Fantasy mais quel plaisir que ce livre là! J'ai adoré ce monde enfermé de toute part entre des murailles infranchissables, 4 salles pour 4 saisons : Viridis le printemps, Chaloir l'été, Feuille-sèche l'automne et Pierre-fendre l'hiver et aucune véritable interaction entre ces quatre sections très différentes...

A Viridis, la vie est plutôt douce et facile mais Dulvan et Garicorne, deux jeunes gars amis et plus encore,  se sentent à l'étroit entre ces horizons bouchés, rêvent de grands espaces et de nouveauté et décident de partir pour dénicher cette Sommeilleuse dont on raconte que les rêves sont le ciment qui a façonné les murailles autour d'eux. La réveiller permettrait peut-être d'effacer le château en même temps que ses rêves et d'enfin apercevoir le Grand-Dehors si mystérieux, attirant et plein de tous les possibles...
Têtes brûlées, les voilà partis en douce à l'aventure sur leurs gonches à travers les salles pour atteindre cette créature légendaire.

Aurjance, la sœur de Dulvan,  ne peut s'empêcher de poursuivre son frère bien-aimé pour l'empêcher de commettre cette folie qui lui parait bien plus dangereuse qu'autre chose. Accompagnée de Farille, l'amie de toujours, elles partent sur ses traces sans traîner....

Quant à Murgoche, la sorcière de Viridis, c'est à son petit confort personnel qu'elle est attachée, il est hors de question qu'elle laisse ces deux écervelés bouleverser l'ordre établi et détruite son petit quotidien. Elle poursuivra elle aussi les jeunes garçons afin de les empêcher à tout prix de parvenir à leurs fin.
Elle se met en route affublée de Clabousse la gamine simplette et de Fauric le forgeron amoureux...

Trois équipées, trois chemins différents empruntés dans ce château qui devient véritable labyrinthe, on explore tous les possibles, les salles-saisons où les dangers sont nombreux : sables empoisonnés, pluie pénétrante et nocive, chaleur étouffante, humidité pourrissante.... etc.... mais aussi les souterrains du château, et le chemin de ronde où les surprises et les dangers les attendent. Les rencontres sont parfois périlleuses et toujours insolites : fouisseurs, taraudeurs, Acélains,.... .

On suit les 3 équipes tour à tour en alternance, viennent s'y ajouter moult personnages haut en couleur : Yulc Long Renard, Le baron de Champdocge, etc.....
Sur leur chemin, il y a des épreuves à surmonter, des pièges à déjouer, des péripéties qui se succèdent sans temps mort.
C'est drôle, surprenant, piquant, l'imagination débridée trouve ses points d'ancrage sur des éléments réels qui résonnent en nous, c'est très judicieux, il y a beaucoup de jolies trouvailles, de l'insolite à foison...

Et puis il y a une plume imagée, truculente, pleine de verve, qui invente, qui détourne, qui joue avec les mots, leur sonorité pour mon plus grand bonheur, une sorte de Rabelais contemporain qui rend la lecture jouissive... C'est intelligent, brillant, maîtrisé. J'ai adoré cette narration pittoresque.

C'est aussi une jolie fable sur la quête de liberté, sur l'envie de maîtriser sa vie et en comprendre le sens.... Mais l'homme peut-il vraiment contrôler son destin ?

Une excellente lecture vraiment, la découverte d'un auteur et d'une plume et l'envie de poursuivre l'exploration de cette maison d'édition à la ligne éditoriale de qualité.

Ma notation : 4,7/5

Le Jarwal


Auteur : Patricia Le Sausse
Editions : Editions du Riez



Basile n’a pas choisi la vie d’exclu qu’il vit à cause du métier de son père, bourreau dans le comté de Provence en cette année 1268. Il n’a pas voulu non plus devenir son apprenti. Quand il découvre qu’il possède le don de ressentir les émotions des gens qui l’entourent, de se les approprier et de les retourner contre ceux qui le méprisent, tout bascule.

Accusé de sorcellerie, poursuivi par un inquisiteur, agressé par des sentiments qui ne lui appartiennent pas, il doit fuir pour retrouver son clan. Tant qu’il n’aura pas réussi à maîtriser cette puissante empathie, il sera menacé.

À moins qu’il ne décide de l’exploiter pour dominer les autres en manipulant leurs émotions...
Paru le 17 mai 2016

Mon avis :
Une histoire qui nous plonge dans le XIII e siècle dans une famille. Gauvain le père est bourreau de son état, un métier qui met les siens à l'abri du besoin mais qui les met aussi au ban de la société...
J'ai trouvé absolument passionnant toute cette thématique autour de cette fonction si décriée, il y a tout un tas de détails qui éclairent le quotidien d'une famille qui ne vit pas tout à fait comme les autres.

Le portrait de Gauvain est saisissant, il incarne la force, la solidité mais Basile lorsqu'il se découvre ce don précieux et encombrant : ressentir les émotions des autres, va percevoir sous cette apparence les failles et les blessures de son père. C'est très émouvant de voir ce jeune homme découvrir vraiment son père...
Basile se voit imposer un apprentissage auquel il ne peut se soustraire... en tant que fils de bourreau tout autre métier lui est désormais fermé. Il est réticent, se rebelle mais son destin est inexorablement tracé.

C'est l'époque de l'Inquisition toute puissante, des exécutions rapides et Patricia Le Sausse nous le rappelle dans un récit plein de cruauté que le don de Basile va  mettre en exergue ....
Lors de son apprentissage, il va "vivre" sa première exécution à la place de la victime..... sentir l'exaltation de la foule enthousiaste devant le sang versé qui se retournera ensuite contre le bourreau qu'elle a encensé....  et tout va déraper... s'en suit moult péripéties.

J'ai beaucoup aimé ce mélange  de réalisme cru et cette pointe de fantastique. C'est très judicieusement dosé et le tout donne un éclairage très intéressant sur l'époque. En outre, le don de Basile permet de rendre le récit sensible et les personnages attachants, Gauvain et lui-même en premier lieu, mais aussi Amaury, Clotaire, Héloïse.....etc..., il y a de bien jolis portraits esquissés.

La narration est servie par un style travaillé et sensible, des détails justes et bien choisis, un vocabulaire adéquate, riche qui assure le dépaysement temporel.

Quelques bémols cependant : j'ai trouvé quelques longueurs parfois, non pas dans les descriptions mais dans le déroulement des scènes qui se prolongent parfois un peu trop à mon goût, et puis surtout j'ai trouvé la fin trop ramassée avec une multitude de révélations, certaines très judicieuses, d'autres qui m'ont paru un peu excessives....

Mais pour finir, malgré mes quelques réserves, j'ai beaucoup aimé ma lecture , le thème singulier, l'éclairage historique passionnant, la pointe de fantastique originale, les personnages denses et humains !

Une mention particulière à la superbe couverture qui a attiré mon attention sur ce livre !

Ma notation : 3,9/5