vendredi 11 août 2017

Mes dernières plus belles lectures...

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Les dernières plus belles, plus marquantes,
plus émouvantes, plus drôles.....

mercredi 9 août 2017

Pierre-Fendre


Auteur : Brice Tarvel
Editions : Les moutons électriques

On n’y entre pas plus qu’on n’en sort. On y naît, on y vit, puis on y meurt. Un monde clos de murailles infranchissables, chapeauté d’un éteignoir de grisaille. Certains ont l’illusion d’un nid somme toute douillet, d’autres ragent d’habiter une prison. Dulvan et son ami Garicorne appartiennent à ces derniers. Sans savoir ce qu’est vraiment le Grand Dehors, ils aspirent à en percer les mystères et rêvent d’une existence tout autre. Mais, pour ce faire, il convient de faire tomber l’enceinte géante, c’est-à-dire se rendre dans la salle-territoire de l’éternel hiver afin d’arracher la Sommeilleuse à ses songes. Comme le racontent les vieux récits, l’énigmatique endormie est-elle cependant bien une déesse dont les errances oniriques ont fait que le château et tout son contenu soient devenus réalité ?
Parce qu’elle ne peut supporter l’idée de perdre son frère, Aurjance quittera son cher royaume du printemps pour se lancer à la poursuite du jeune homme. Quant à Murgoche, la peu recommandable sorcière, elle n’entendra pas se laisser flouer par deux foutriquets.
A paraître le 24 août 2017

Mon avis :
Voilà un livre que j'attendais avec impatience avec son titre séduisant, son résumé accrocheur et une superbe couverture. C'est un très bel objet livre de qualité comme si souvent chez Les moutons électriques, une maison d'édition que j'ai découvert cette année pour mon plus grand bonheur.

Quel univers original ! Je ne suis pas une grande connaisseuse de la Fantasy mais quel plaisir que ce livre là! J'ai adoré ce monde enfermé de toute part entre des murailles infranchissables, 4 salles pour 4 saisons : Viridis le printemps, Chaloir l'été, Feuille-sèche l'automne et Pierre-fendre l'hiver et aucune véritable interaction entre ces quatre sections très différentes...

A Viridis, la vie est plutôt douce et facile mais Dulvan et Garicorne, deux jeunes gars amis et plus encore,  se sentent à l'étroit entre ces horizons bouchés, rêvent de grands espaces et de nouveauté et décident de partir pour dénicher cette Sommeilleuse dont on raconte que les rêves sont le ciment qui a façonné les murailles autour d'eux. La réveiller permettrait peut-être d'effacer le château en même temps que ses rêves et d'enfin apercevoir le Grand-Dehors si mystérieux, attirant et plein de tous les possibles...
Têtes brûlées, les voilà partis en douce à l'aventure sur leurs gonches à travers les salles pour atteindre cette créature légendaire.

Aurjance, la sœur de Dulvan,  ne peut s'empêcher de poursuivre son frère bien-aimé pour l'empêcher de commettre cette folie qui lui parait bien plus dangereuse qu'autre chose. Accompagnée de Farille, l'amie de toujours, elles partent sur ses traces sans traîner....

Quant à Murgoche, la sorcière de Viridis, c'est à son petit confort personnel qu'elle est attachée, il est hors de question qu'elle laisse ces deux écervelés bouleverser l'ordre établi et détruite son petit quotidien. Elle poursuivra elle aussi les jeunes garçons afin de les empêcher à tout prix de parvenir à leurs fin.
Elle se met en route affublée de Clabousse la gamine simplette et de Fauric le forgeron amoureux...

Trois équipées, trois chemins différents empruntés dans ce château qui devient véritable labyrinthe, on explore tous les possibles, les salles-saisons où les dangers sont nombreux : sables empoisonnés, pluie pénétrante et nocive, chaleur étouffante, humidité pourrissante.... etc.... mais aussi les souterrains du château, et le chemin de ronde où les surprises et les dangers les attendent. Les rencontres sont parfois périlleuses et toujours insolites : fouisseurs, taraudeurs, Acélains,.... .

On suit les 3 équipes tour à tour en alternance, viennent s'y ajouter moult personnages haut en couleur : Yulc Long Renard, Le baron de Champdocge, etc.....
Sur leur chemin, il y a des épreuves à surmonter, des pièges à déjouer, des péripéties qui se succèdent sans temps mort.
C'est drôle, surprenant, piquant, l'imagination débridée trouve ses points d'ancrage sur des éléments réels qui résonnent en nous, c'est très judicieux, il y a beaucoup de jolies trouvailles, de l'insolite à foison...

Et puis il y a une plume imagée, truculente, pleine de verve, qui invente, qui détourne, qui joue avec les mots, leur sonorité pour mon plus grand bonheur, une sorte de Rabelais contemporain qui rend la lecture jouissive... C'est intelligent, brillant, maîtrisé. J'ai adoré cette narration pittoresque.

C'est aussi une jolie fable sur la quête de liberté, sur l'envie de maîtriser sa vie et en comprendre le sens.... Mais l'homme peut-il vraiment contrôler son destin ?

Une excellente lecture vraiment, la découverte d'un auteur et d'une plume et l'envie de poursuivre l'exploration de cette maison d'édition à la ligne éditoriale de qualité.

Ma notation : 4,7/5

Le Jarwal


Auteur : Patricia Le Sausse
Editions : Editions du Riez



Basile n’a pas choisi la vie d’exclu qu’il vit à cause du métier de son père, bourreau dans le comté de Provence en cette année 1268. Il n’a pas voulu non plus devenir son apprenti. Quand il découvre qu’il possède le don de ressentir les émotions des gens qui l’entourent, de se les approprier et de les retourner contre ceux qui le méprisent, tout bascule.

Accusé de sorcellerie, poursuivi par un inquisiteur, agressé par des sentiments qui ne lui appartiennent pas, il doit fuir pour retrouver son clan. Tant qu’il n’aura pas réussi à maîtriser cette puissante empathie, il sera menacé.

À moins qu’il ne décide de l’exploiter pour dominer les autres en manipulant leurs émotions...
Paru le 17 mai 2016

Mon avis :
Une histoire qui nous plonge dans le XIII e siècle dans une famille. Gauvain le père est bourreau de son état, un métier qui met les siens à l'abri du besoin mais qui les met aussi au ban de la société...
J'ai trouvé absolument passionnant toute cette thématique autour de cette fonction si décriée, il y a tout un tas de détails qui éclairent le quotidien d'une famille qui ne vit pas tout à fait comme les autres.

Le portrait de Gauvain est saisissant, il incarne la force, la solidité mais Basile lorsqu'il se découvre ce don précieux et encombrant : ressentir les émotions des autres, va percevoir sous cette apparence les failles et les blessures de son père. C'est très émouvant de voir ce jeune homme découvrir vraiment son père...
Basile se voit imposer un apprentissage auquel il ne peut se soustraire... en tant que fils de bourreau tout autre métier lui est désormais fermé. Il est réticent, se rebelle mais son destin est inexorablement tracé.

C'est l'époque de l'Inquisition toute puissante, des exécutions rapides et Patricia Le Sausse nous le rappelle dans un récit plein de cruauté que le don de Basile va  mettre en exergue ....
Lors de son apprentissage, il va "vivre" sa première exécution à la place de la victime..... sentir l'exaltation de la foule enthousiaste devant le sang versé qui se retournera ensuite contre le bourreau qu'elle a encensé....  et tout va déraper... s'en suit moult péripéties.

J'ai beaucoup aimé ce mélange  de réalisme cru et cette pointe de fantastique. C'est très judicieusement dosé et le tout donne un éclairage très intéressant sur l'époque. En outre, le don de Basile permet de rendre le récit sensible et les personnages attachants, Gauvain et lui-même en premier lieu, mais aussi Amaury, Clotaire, Héloïse.....etc..., il y a de bien jolis portraits esquissés.

La narration est servie par un style travaillé et sensible, des détails justes et bien choisis, un vocabulaire adéquate, riche qui assure le dépaysement temporel.

Quelques bémols cependant : j'ai trouvé quelques longueurs parfois, non pas dans les descriptions mais dans le déroulement des scènes qui se prolongent parfois un peu trop à mon goût, et puis surtout j'ai trouvé la fin trop ramassée avec une multitude de révélations, certaines très judicieuses, d'autres qui m'ont paru un peu excessives....

Mais pour finir, malgré mes quelques réserves, j'ai beaucoup aimé ma lecture , le thème singulier, l'éclairage historique passionnant, la pointe de fantastique originale, les personnages denses et humains !

Une mention particulière à la superbe couverture qui a attiré mon attention sur ce livre !

Ma notation : 3,9/5


Séduite



Auteur : Amanda Quick
Editions : J'ai Lu pour Elle 


Lorsque Harriet a exigé que le vicomte St. Justin vienne régler une affaire pressante à Upper Biddleton, elle ne pensait pas voir débarquer un géant balafré qui terrifie tous ceux qui le croisent. Surnommé " la Bête ", il serait, paraît-il, un monstre lubrique soupçonné même d'assassinat ! Par chance, Harriet n'est pas impressionnable, et elle souhaite que Gideon l'aide à arrêter une bande de malfrats qui l'empêchent de se livrer à son activité préférée : la recherche de précieux fossiles. Mais quand tous deux se retrouvent prisonniers dans une grotte, elle réalise son imprudence. Car le charme déroutant de cet homme éveille en elle d'indicibles pulsions..
Paru le 29 avril 2017



Mon avis :
Un très chouette moment de lecture qui me rappelle que dans le genre Romance c'est à l'historique très largement que va ma préférence...

Ce livre ne serait pas aussi savoureux sans son héroïne qui sort des sentiers battus. Quel délicieux personnage ! Harriet est perspicace, passionnée, franche, directe, impulsive, sans aucun préjugés, elle n'a pas froid aux yeux et surtout elle est tellement décalée par rapport à la société polissée qui l'entoure... C'est avec bonheur qu'on la voit mettre régulièrement les pieds dans le plat, réagir à l'encontre de ce qui est attendu... Elle va se faire très rapidement, et sans calcul aucun, fervent défenseur de Gidéon soumis à l'opprobre unanime !

Gidéon, homme ténébreux au visage entaillé, retranché derrière une froideur infranchissable, semble indifférent aux folles rumeurs qui courent sur son compte, au surnom de "La bête". L'immense solitude de cet homme se trouve écornée par la présence de Harriet. Il est très largement agacé par ce caractère trempé mais fasciné par cette petite bonne femme étonnante qui ne finit pas de l'irriter, le bousculer, l'attirer, le séduire....

Entre eux, rien ne se passe de façon classique, pas de fausse pudeur, pas de vierge effarouchée, pas de cour empressée mais une nuit consentie, un mariage quasi obligé... mais les sentiments sont là, discrets, tenaces, s'épanouissant page après pages plus profondément. 

Plein de péripéties jalonnent le récit, parfois loufoques, il y a des malfaiteurs, des contrebandiers, du danger, une enquête, et j'ai adoré le regard toujours inattendu d'Harriet sur les faits, sur les gens, sa façon bien à elle de redéfinir les actes (son immense mansuétude vis à vis du kidnapping...) ou de réagir à une situation donnée (son amour des dents est incomparable...) Elle n'est jamais où on l'attend et m'a fait pouffer de rire à maintes reprises. Harriet, révoltée contre les injustices, avec son audace et son franc parler, va déterrer tous les secrets, toutes les vérités ...

Bref, vous l'aurez compris avec une héroïne originale et attachante, une narration alerte, de l'humour et une pincée de romantisme subtil, j'ai vraiment apprécié ma lecture.

Ma notation : 4,25/5

lundi 7 août 2017

Mille baisers pour un garçon


Auteur : Tillie Cole
Editions : Hachette


Poppy et Rune sont amoureux depuis qu'ils ont cinq ans.Un jour, la grand-mère de Poppy lui offre un bocal de mille cœurs en papier où noter ses meilleurs baisers. Poppy et Rune décident alors de s'embrasser mille fois, et plus encore. Cependant, avant que le bocal soit rempli, la famille de Rune déménage à l'autre bout de la Terre, et, sans explication, Poppy coupe subitement les ponts avec le garçon qu'elle aime plus que tout.C'est seulement à son retour, deux ans plus tard, que Rune apprend la raison du long silence de Poppy : elle a un cancer et ne voulait pas que Rune souffre inutilement en apprenant la nouvelle.Mais Rune, toujours amoureux, s'est juré de rendre Poppy heureuse, même s'il ne leur reste plus que quelques mois à vivre ensemble. Et de lui donner, juste avant sa mort, son millième baiser…
Paru le 26 octobre 2016




Mon avis :
Le roman d'un amour fou, plein de bons sentiments, de tristesse...... un peu trop pour moi certainement.... je suis restée vraiment hermétique à l'émotion prévue.

J'ai passé un bon moment avec ce livre, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé au point de me forcer à le finir, mais tout m'a paru exagéré, cet amour fou, utopique (l'épilogue pour moi est tellement excessif, improbable...), le pathos qui n'a jamais réussi à m'émouvoir vraiment... tout reste en surface et sans subtilité, trop direct.

Pourtant j'ai trouvé cette idée de bocal et ses 1000 baisers très originale et très jolie, les personnages bien campés, une Poppy pleine d'abnégation et un Rune rebelle enfermé dans sa souffrance, tous deux pieds et poings liés par leur trop grande jeunesse. Cependant j'ai trouvé que le tout manquait un peu de réalisme, c'est un amour fou idéalisé et peu crédible à mes yeux.

Une histoire qui ne m'a pas touchée comme je m'y attendais, une histoire qui s'adresse certainement à des lecteurs bien plus jeunes que moi .

Ma notation : 3/5




Là où tu iras j'irai



Auteur : Marie Vareille
Editions : Fayard/Mazarine



Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d’actrice comparable à celle du Titanic : prometteuse en théorie, catastrophique en pratique. 
Le jour où elle refuse la demande en mariage de l’homme qu’elle aime, sous prétexte qu’elle ne veut pas d’enfant, elle se retrouve à la rue, avec pour toute fortune vingt-quatre euros sur son compte en banque. Elle est alors forcée d’accepter le seul travail qu’on lui propose : utiliser ses talents de comédienne pour séduire Jan Kozlowski, un jeune veuf sur le point de se remarier. 
La voilà donc partie en Italie, dans la maison de vacances de la richissime et déjantée famille Kozlowski. Seule ombre aux deux semaines de dolce vita qui se profilent : pour exécuter en toute discrétion sa mission « séduction », Isabelle devra jouer le rôle de l’irréprochable nanny anglaise de Nicolas, 8 ans, qui n’a pas prononcé un seul mot depuis la mort de sa mère cinq ans plus tôt. Isabelle est bien loin d’imaginer à quel point cette rencontre improbable avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.
Paru le 15 mars 2017

Mon avis :

Voilà un vrai roman feel good qui m'a fait passer un bon moment de lecture !

Une histoire totalement improbable mais on se laisse facilement porter par la plume pétillante et sensible et par l'humour des situations.
Isabelle, lorsqu'elle accepte le marché de cette insupportable adolescente, joue le rôle de sa vie... actrice ratée,  vie sentimentale au bord du gouffre, elle n'a guère de choix et s'engouffre dans une histoire totalement incertaine et douteuse.

Ce que j'ai particulièrement aimé dans cette histoire c'est qu'on s'écarte vraiment du schéma classique attendu de la jeune femme qui succombe au richissime beau mâle, on s'éloigne des clichés pour un récit un peu plus subtil...

Son séjour au sein d'une famille dévastée va lui permettre de mettre sa propre vie en perspective, de prendre conscience de l'essentiel, de se trouver...
Il y a de très jolies scènes autour du petit Nicolas qui pallie l'absence de sa mère à sa façon, beaucoup d'émotions dans la façon d'aborder le deuil et la souffrance... Avec sa fougue et ses maladresses, Isabelle va bouleverser toute la maisonnée, poser le doigt sur les douleurs, alléger les solitudes.
Chaque personnage évolue, se dévoile, les masques tombent, les manigances sont mises à jour et la famille peu à peu se retrouve tandis que Isabelle, totalement infantile au début du roman, mûrit et prend enfin sa vie en main.

Une mention particulière à Quentin, véritable pilier de sagesse et de patience, un beau personnage solide et attachant !

Une fin rocambolesque complètement folle où des grands-mères slaloment sur des vespas oranges.... ce n'est vraiment pas mon passage préféré mais heureusement l'épilogue comble toutes nos attentes...

Pour moi, ce n'est pas le meilleur Marie Vareille mais c'est un roman qui se lit avec plaisir et qui contient quelques très jolis moments d'émotion.

Ma notation : 3,5/5